Aéroport Montréal-Trudeau : un heureux problème

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« On frémit en pensant aux visiteurs étrangers dont c'est le premier contact avec Montréal, le Québec, le Canada », écrit Ariane Krol.

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Les passagers ne sont pas les seuls lésés lorsque des files monstres se forment à la douane de l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. La réputation de Montréal comme destination d'affaires et de tourisme en prend aussi un coup. C'est injuste puisque la responsabilité du problème, et sa solution, se trouve à Ottawa. Le ministre Goodale ne peut pas se contenter de se montrer compréhensif. Il doit donner à l'Agence des services frontaliers du Canada les moyens de faire face aux vols supplémentaires qu'Aéroports de Montréal a réussi à attirer.

On n'a qu'une seule occasion de faire une bonne première impression. Et depuis quelque temps, Montréal rate une belle occasion de se montrer un tant soit peu accueillante et organisée.

Faire poireauter les passagers des vols internationaux durant plus d'une heure, comme ça s'est vu cet été, et même plus de deux heures, comme ça s'est produit en début de semaine, c'est donner une bien piètre image de nous-mêmes.

On frémit en pensant aux visiteurs étrangers dont c'est le premier contact avec Montréal, le Québec, le Canada. Le trajet entre l'aéroport et le centre-ville est déjà assez rebutant, merci, on n'a vraiment pas besoin d'en rajouter en amont. Et on partage l'indignation des Québécois qui, pensant rentrer chez eux, se butent à un système dysfonctionnel dans lequel ils ne se reconnaissent pas.

Le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale a discuté avec le maire de Montréal et promis de regarder un ensemble de facteurs. C'est un début, mais il va falloir des gestes concrets.

La situation vécue cette semaine était prévisible. Et si rien n'est fait, elle ne peut que se reproduire. C'est, tout bêtement, le résultat d'un écart entre l'offre et la demande de services douaniers durant la période de pointe des atterrissages internationaux. Cet écart s'est manifesté de façon plus aiguë à ce temps-ci de l'année à cause du grand nombre de passagers en provenance et de retour d'Europe, mais on aurait tort de croire le problème résorbé. Au contraire, tout indique que ce fossé entre offre et demande continuera de se creuser. Le nombre de passagers internationaux augmente de 10 % par an en moyenne depuis 2010, et Aéroports de Montréal attirera probablement d'autres vols - y compris aux heures de pointe, à cause des contraintes des transporteurs. On ne voit pas comment la douane pourra y faire face sans une augmentation de son effectif.

Ajouter du personnel a un coût, mais ces visiteurs profitent à tous : à l'aéroport et à l'économie de Montréal, évidemment, mais aussi à Québec et à Ottawa. Accueillir des touristes et des voyageurs d'affaires fait travailler des commerces qui perçoivent des taxes et des gens qui paient leurs impôts, et toute cette activité contribue à la vitalité économique de la métropole.

Montréal n'est d'ailleurs pas la seule ville à se plaindre d'un effectif douanier insuffisant. Après un été à voir des touristes immobilisés durant plus d'une heure dans leur voiture, la municipalité ontarienne de Niagara Falls vient d'adopter une résolution demandant à Ottawa de mettre davantage de personnel aux postes frontaliers de la région. Le fédéral avait déjà reçu une lettre réclamant la même chose le mois précédent, cosignée par six maires, dont deux de l'État de New York.

Il ne faut pas se réjouir du malheur des autres, mais si ça peut peser dans la balance, tant mieux. Impossible de le nier : les douanes ne suffisent pas à la demande. Le ministre Goodale a hérité de cette situation du précédent gouvernement, mais c'est à lui d'y remédier.

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