Verizon rachète Yahoo!: la fin d'une époque

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Recrutée après un passage chez Google, la jeune patronne de Yahoo Marissa Mayer n'a pas réussi à réinventer le modèle de l'entreprise, écrit notre éditorialiste.

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Ariane Krol

Éditorialiste

La Presse

Près de 5 milliards de dollars américains : c'est le prix que la société internet Yahoo ! a finalement réussi à obtenir pour ses activités, en les vendant au géant américain des télécommunications sans fil Verizon. Il faudra voir si celui-ci a fait une bonne affaire.

Les temps sont durs pour les technos vieillissantes. La semaine dernière, le dernier fabricant de magnétoscopes au monde, le japonais Funai, a annoncé qu'il cesserait la production de cet appareil à la fin du mois. Et hier matin, c'est Yahoo ! qui confirmait la vente de ses activités à Verizon Communications.

Les deux nouvelles, quoique sans commune mesure, ont suscité des réactions similaires dans le grand public

- Des magnétoscopes ? Il y a encore des gens qui se servaient de ça ?

- Yahoo ? Je ne me souviens plus de la dernière fois où je suis allé sur leur site !

Mais contrairement aux magnétoscopes qui ne trouvent plus preneur, les multiples services internet de Yahoo ! attirent 1 milliard d'utilisateurs actifs mensuellement, dont 60 % d'usagers mobiles. La société californienne a donc réussi à aller chercher 4,83 milliards pour son vaste portefeuille d'activités, qui vont de la messagerie aux réseaux sociaux en passant par les contenus (finances, sport, nouvelles, etc.) et les services de régie publicitaire. (Les participations dans le groupe chinois Alibaba et dans Yahoo ! Japan, ainsi que les brevets, sont exclus du lot.)

Verizon a-t-elle fait une bonne affaire ? Au-delà du prix payé, la valeur de ces activités dépendra de ce que le fournisseur de télécoms sera capable d'en faire.

Il veut les intégrer à celles d'AOL, un autre monument de l'internet racheté il y a un peu plus d'un an, pour développer une masse critique dans le lucratif marché de la publicité en ligne.

Ce n'est pas fait. Google et Facebook ne laisseront pas Verizon foncer sur leurs plates-bandes sans broncher, d'autant qu'ils ont le temps de voir venir : AOL et Yahoo ! devront d'abord réussir leur fusion, un exercice toujours difficile entre grandes entreprises.

La vente des activités de Yahoo ! marque aussi la fin d'une époque pour la jeune patronne Marissa Mayer, recrutée comme sauveur après son passage chez Google. Bien qu'elle ait exprimé son désir de rester à bord, il est évident qu'elle ne dirigera pas la barque. Personne ne s'attend à ce qu'elle fasse chez Verizon ce qu'elle n'a pas réussi à accomplir en quatre ans à la tête de Yahoo !. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, quoique de façon pas toujours inspirée. Payer 1,1 milliard comptant pour le site de microblogage Tumblr était une erreur flagrante dès l'annonce de la transaction en 2013.

À sa décharge, il faut admettre que réinventer le modèle d'une entreprise est loin d'être évident - parlez-en à BlackBerry. Celles qui veulent durer n'ont cependant pas le choix d'essayer : c'est justement ce que fait Verizon en investissant dans AOL et Yahoo ! pour se diversifier.

Qui ne risque rien n'a rien. À défaut d'avoir réussi à relancer Yahoo !, certains des investissements faits sous la gouverne de Marissa Mayer, notamment en matière publicitaire, auront au moins contribué à la valeur de revente de l'entreprise. C'est le cas de l'acquisition de Brightroll et de Flurry, ainsi que du lancement de Gemini, soulignés par Verizon dans son annonce d'hier.

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