Quelle économie du partage ?

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Il faut s'assurer que les travailleurs indépendants puissent tirer profit des possibilités du numérique, écrit l'auteure.

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Le premier ministre Philippe Couillard vient d'annoncer un chantier sur l'économie du partage, qu'il a confié à sa ministre de l'Économie, Dominique Anglade. On n'a pas encore les détails, mais on n'en pense pas moins. Voici quelques éléments dont Québec devra absolument tenir compte dans sa réflexion.

Le problème vient de la technologie et non du partage. Si le transport de personnes et l'hébergement touristique non réglementés ont connu une telle popularité en si peu de temps, c'est avant tout grâce aux applications et aux sites d'entreprises comme Uber et Airbnb. C'est aussi pourquoi les détaillants en ligne étrangers, qui n'ont pourtant rien à voir avec le partage, posent le même genre de défis aux entreprises locales. Il faut donc voir au-delà de la stricte économie du partage (souvent beaucoup moins dérangeante) et s'intéresser au commerce propulsé par le numérique.

Les cadres réglementaires ne doivent pas créer des chasses gardées. Les lois et règlements ne sont pas issus d'une génération spontanée, ils ont été adoptés pour répondre à des besoins. Or, on voit qu'une partie de la clientèle est prête à se passer de certaines exigences imposées au nom de la protection du public (un permis officiel du gouvernement, par exemple) en échange d'autres avantages, comme la flexibilité. Au lieu de rejeter bêtement tout ce qui ne passe pas dans le cadre, il faut revoir la pertinence de celui-ci et l'adapter au besoin.

Les entreprises établies n'ont pas non plus un droit de veto. Leurs arguments (contribution à l'économie locale, emplois, etc.) font partie de la discussion, mais ils ne doivent pas en dicter systématiquement la conclusion. L'équité est un noble principe, assurons-nous que ce principe ne soit pas détourné à des fins anticoncurrentielles, c'est-à-dire pour écarter tous ceux qui pourraient faire évoluer la dynamique du marché.

Le consommateur n'a pas toujours raison. Plus de la moitié (55 %) des Canadiens refusent que des fournisseurs de contenu vidéo en ligne comme Netflix et iTunes soient soumis aux taxes de vente, montre un récent sondage Nanos-Globe and Mail. Compréhensible, mais pas justifié pour autant. Il n'y a pas de raison que leurs services bénéficient d'une exemption alors que ceux des télédistributeurs par câble et par satellite sont taxés. Le principe est valable dans tous les secteurs.

Les travailleurs autonomes doivent être considérés dans l'équation. Leur nombre a augmenté de 3,4 % l'an dernier, alors que la progression dans les rangs des employés a été de 0,4 % seulement, montrent les données de Statistique Canada. Il faut créer un contexte favorable à l'esprit entrepreneurial, et s'assurer que les travailleurs indépendants puissent tirer pleinement profit des possibilités du numérique.

Les élus n'ont pas le mandat de préserver le statu quo. Sinon, ce n'est même pas la peine d'en discuter, il suffit d'opposer une fin de non-recevoir à toutes les initiatives. Leur responsabilité est d'accompagner l'évolution de l'économie en tenant compte de tous ceux qui veulent y participer, et non des intervenants les plus bruyants. C'est un défi, on en convient.

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