De l'or dans vos tiroirs

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L'achat et la vente d'articles usagés n'entrent pas dans le calcul du produit intérieur brut (PIB) ni dans le panier de biens et services servant à mesurer l'inflation. Et pourtant, ces transactions font de plus en plus partie des habitudes de consommation. Les Canadiens ont acheté en moyenne pour près de 1000 $ d'objets d'occasion l'an dernier, et des fonds de capital de risque investissent des centaines de millions dans des boutiques en ligne. Un phénomène avec lequel il faut désormais compter.

Le consommateur canadien a acheté, vendu, loué, donné ou échangé 77 objets usagés en moyenne l'an dernier, montre le sondage web publié la semaine dernière par le site de petites annonces Kijiji. Les Québécois sont parmi les moins friands de cette pratique avec seulement 67 objets, mais c'est tout de même un tiers de plus qu'en 2014, alors que la moyenne canadienne n'a pratiquement pas bougé. La moyenne montréalaise a d'ailleurs déjà rejoint celle du reste du pays.

L'achat d'articles usagés répond avant tout à des motifs économiques, confirme l'enquête réalisée par la firme MBA Recherche. C'est la raison la plus souvent citée, par les trois quarts des répondants. Et l'internet contribue grandement au phénomène. Si les consommateurs canadiens ont acheté pour 960 $ d'articles d'occasion en moyenne l'an dernier, ceux qui ont magasiné en ligne ont dépensé presque 15 % plus.

La catégorie des vêtements, chaussures et autres accessoires de mode est de loin la plus populaire. Le tiers des articles qui ont changé de main au Canada l'an dernier en faisaient partie - et ça n'inclut même pas les articles pour bébés, qui ajoutent un autre 10 %.

Le secteur du détail n'aura bientôt plus d'autre choix que d'en tenir compte. La mode d'occasion, particulièrement celle destinée à la clientèle féminine, est en pleine explosion sur le web.

Des plateformes de revente comme ThredUp, Poshmark, Tradesy, RealReal ou Vestiaire Collective ont récolté plus de 400 millions de dollars américains en capital de risque au cours des dernières années, signalait l'agence Bloomberg l'automne dernier. Oubliez les sites de petites annonces hétéroclites. Les vitrines sont aussi alléchantes que celle de n'importe quelle boutique de mode en ligne, et ces entreprises s'occupent de tout. Elles achètent les vêtements ou les prennent en consigne, les photographient sous leur meilleur jour, en fixent le prix, les regroupent par marques, organisent des promotions et se chargent des transactions, de la livraison et du service après-vente.

Pour l'instant, ces plateformes trouvent surtout leur clientèle aux États-Unis et en Europe. Mais comme en témoigne la brève histoire du commerce internet, ce n'est qu'une question de temps avant que ce type de site ne gagne en popularité ici. D'autres catégories de produits suivront, propulsées, comme chaque fois, par l'apparition d'intermédiaires capables de rendre l'expérience attrayante et facile.

Pour l'instant, le marché d'occasion ne fait pas perdre beaucoup de ventes aux commerces traditionnels. Les deux tiers des Canadiens sondés par MBA Recherche disent que s'ils n'avaient pas trouvé le produit recherché dans l'usagé, ils ne l'auraient pas acheté neuf. Les détaillants doivent toutefois s'attendre à ce que cette concurrence s'accentue, à mesure que le réflexe de chercher et d'offrir des articles usagés sur le web gagnera davantage de consommateurs.

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