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Les particuliers dépenseront-ils plus que l'an dernier durant les Fêtes ?

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Dernière fin de semaine pour magasiner des cadeaux, dernier droit avant Noël. À moins d'une semaine du réveillon, le consommateur est bombardé de messages contradictoires : en faire toujours un peu plus ou, au contraire, modérer ses transports pour ne pas trop s'endetter. La deuxième option semble gagner en popularité, et ce n'est pas plus mal.

Comme chaque année, chacun y va de ses prédictions. Les particuliers dépenseront-ils plus que l'an dernier durant les Fêtes, comme le suggèrent les enquêtes pancanadiennes de la CIBC et de la BMO, et le sondage du Conseil québécois du commerce de détail ? Ou moins, comme le montre le coup de sonde de la Financière Sun Life ? On le saura seulement après les Fêtes.

Cependant, plusieurs indices donnent à penser que les consommateurs sont moins disposés à s'étourdir de dépenses.

Par exemple, la proportion des détenteurs de cartes de crédit qui traînent un solde impayé ne cesse de diminuer, et ce, même s'ils utilisent de plus en plus ce mode de paiement, montre une étude de la Banque du Canada publiée cette semaine.

Les Canadiens tolèrent de moins en moins les comptes impayés, confirment les plus récentes données d'Equifax. Les taux de retard de plus de 90 jours ont diminué de plus de 4 % depuis l'an dernier, indiquent les chiffres du troisième trimestre. Au Québec, c'est un peu plus stagnant (+0,3 %), mais l'endettement reste largement sous la moyenne nationale (18 000 $ contre 21 300 $ en moyenne, excluant les hypothèques). « Malgré d'autres études de marché qui prévoient une explosion de dépenses durant les Fêtes, nous prévoyons que la plupart des Canadiens continueront de gérer leurs dépenses sagement. La demande de nouveau crédit s'est résorbée », note l'agence de crédit.

Les mises en garde sur l'endettement excessif commenceraient-elles à porter leurs fruits ?

Il faut dire qu'au Québec, les ménages n'ont plus grand marge de manoeuvre en termes de revenu disponible. On aura le portrait précis le mois prochain, mais depuis la baisse du pouvoir d'achat enregistrée en 2013, la situation ne s'est guère améliorée.

Les ménages fortement endettés (avec une dette excédant 350 % du revenu brut) sont aussi deux fois plus nombreux qu'avant la crise. Chez les moins de 45 ans, presque un ménage canadien sur 10 est dans cette situation, montre la plus récente Revue du système financier de la Banque du Canada.

Qu'elle soit choisie ou subie, cette modération peut être un peu déstabilisante pour des commerçants qui réalisent leurs plus grosses ventes de l'année durant les Fêtes. Heureusement, la faiblesse du huard favorise l'achat local, et ce facteur-là ne semble pas près de s'estomper. Et qui sait ? Si les consommateurs n'ont pas de gueule de bois financière à soigner après Noël, les mois de janvier et février seront peut-être un peu moins mornes qu'à l'habitude. On se le souhaite tous.

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