Cette pilule-là ne passe pas

« Dans les ententes 2010-2015, environ la moitié des... (photo thinkstock)

Agrandir

« Dans les ententes 2010-2015, environ la moitié des augmentations salariales des médecins (54 % chez les omnipraticiens et 40 % chez les spécialistes) étaient liées à des mesures incitatives, écrit notre éditorialiste. Un total de 920 millions par an avait été prévu à cette fin. Tout ça pour quoi ? Les vérificateurs seraient bien en peine de le dire. »

photo thinkstock

Si les faramineuses augmentations de revenus accordées aux médecins vous sont restées en travers de la gorge, ne lisez pas ce qui suit. Pour faire passer la pilule, Québec avait promis qu'une partie de l'argent serait versée sous forme d'incitatifs visant à améliorer l'accès. Sauf qu'il ne s'est jamais donné les moyens de vérifier si ces millions amélioraient le sort des patients, confirme le Vérificateur général.

Pour que de telles mesures augmentent réellement le niveau de services offerts, elles doivent amener les médecins à changer leur pratique. Cela demande des cibles ainsi que des mécanismes de suivi et de correction, souligne le rapport publié hier.

Or, sur les 33 incitatifs examinés, trois seulement étaient associés à une cible et à un indicateur permettant d'en évaluer l'efficacité. Et quand les résultats n'étaient pas au rendez-vous, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ne faisait pas le nécessaire pour rectifier le tir.

On ne parle pourtant pas de menue monnaie. Dans les ententes 2010-2015, environ la moitié des augmentations salariales des médecins (54 % chez les omnipraticiens et 40 % chez les spécialistes) étaient liées à des mesures incitatives. Un total de 920 millions par an avait été prévu à cette fin.

Tout ça pour quoi ? Les vérificateurs seraient bien en peine de le dire.

« Depuis 2010, le nombre de patients inscrits auprès d'un médecin de famille a connu une croissance relativement constante. Il n'est cependant pas possible d'établir à quel point cette augmentation est due à l'introduction des différentes mesures incitatives plutôt qu'à l'ajout de nouveaux médecins », lit-on dans son rapport.

Et franchement, ça ne semble pas avoir inquiété grand monde. Les comités qui devaient mesurer les écarts de rémunération entre les provinces n'ont jamais vu le jour, et l'étude sur les coûts réels de la pratique en cabinet est tombée à l'eau.

Le supplément au volume de patients ? Dès le départ, la quasi-totalité des médecins de famille atteignait déjà la cible de prise en charge requise. Nul besoin, donc, de changer leur pratique pour toucher le supplément.

Le supplément pour plus de 180 jours de travail ? La formule utilisée pour convertir la rémunération à l'acte des omnis en jours de travail incluait tellement de frais (cabinet, formation, etc.) qu'il était impossible de dire si le médecin admissible avait réellement fourni plus de services.

La Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ) ne prend pas non plus assez de mesures pour vérifier que les paiements sont conformes aux ententes, note le rapport

L'entente négociée récemment avec les médecins de famille prévoit un meilleur suivi et le nouveau système de facturation de la RAMQ devrait lui donner plus de flexibilité, nous dit-on. Ce sera à voir. Parce que jusqu'ici, les supposés incitatifs à l'accès qu'on nous a fait miroiter ressemblent plutôt à de bêtes hausses sans obligations de résultats.




Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer