Si ça vole, ce n'est pas un tramway

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«  Les problèmes du tramway de Toronto, qui suscitent beaucoup de grogne contre Bombardier en Ontario, n'ont cependant rien à voir » avec un potentiel investissement du fédéral dans l'entreprise, estime notre éditorialiste.

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De tous les dossiers qui attendent le nouveau ministre fédéral du Développement économique, celui de Bombardier trône sur le dessus de la pile. Comment soutenir le programme d'avions C Series ? La somme nécessaire, la forme que prendrait cet investissement, les garanties demandées : Navdeep Singh Bains aura plusieurs éléments à considérer. Les problèmes du tramway de Toronto, qui suscitent beaucoup de grogne contre Bombardier en Ontario, n'ont cependant rien à voir là-dedans. Le député Mississauga-Malton doit garder la tête froide, et ne pas laisser cette histoire contaminer son jugement.

La Toronto Transit Corporation (TTC) ne recevra pas les 67 nouveaux wagons prévus cette année. Ni même une vingtaine, comme promis en juillet. Il y en aura seulement 16 en service, a récemment indiqué Bombardier Transport. Les voyageurs empilés dans les vieux tramways et les autobus sont furieux, et la TTC réclame des dizaines de millions de dollars d'indemnités pour ces coûts supplémentaires. L'histoire a fait tache d'huile. Plusieurs grands médias ontariens ont cité ces retards parmi les motifs pour lesquels Ottawa devrait refuser son soutien à la C Series.

On peut comprendre l'exaspération des Torontois. Endurer de vieux wagons, moins spacieux et nécessitant plus d'entretien, en attendant les nouveaux, c'est une expérience quotidienne dans le métro de Montréal. Ce n'est pas une raison pour tout mélanger.

Les tramways (d'ailleurs fort appréciés) de la division Transport n'ont rien à voir avec la C Series de la division Aéronautique.

On ne demande pas au ministre Bains de signer un chèque en blanc à Bombardier. Juste de ne pas confondre transport urbain et avions commerciaux.

Bombardier n'est pas seulement payante pour le Québec. En Ontario, l'entreprise emploie plus de 6000 personnes et compte plus de 350 fournisseurs. Le groupe génère près de 60 % des exportations canadiennes en matière de transport aéronautique et ferroviaire, et sa contribution directe au produit intérieur brut (PIB) du pays dépasse les 8 milliards de dollars.

Note au ministre Bains, qui est aussi responsable de l'Innovation et des Sciences : Bombardier est la société canadienne qui investit le plus en recherche et développement. Et de loin. Son budget de R et D est trois fois plus important que celui de BlackBerry, pourtant deuxième au classement Research Infosource. Une part significative des deux milliards investis par la multinationale l'an dernier a évidemment profité au Canada.

***

Il y a beaucoup de facteurs à considérer dans ce dossier. Le ministre Bains voudra peut-être s'inspirer, par exemple, des recommandations du vérificateur général, qui avait trouvé des lacunes dans le suivi des quelque 9 milliards de fonds fédéraux prêtés à GM et Chrysler.

Une chose, toutefois, doit être claire. Le Canada ne peut pas se permettre de perdre la C Series, pas plus qu'il n'aurait pu se permettre de perdre les usines ontariennes de GM et de Chrysler il y a six ans.

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