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De plus en plus de voyageurs tiennent à... (Photo Ulysse Lemerise, Collaboration spéciale)

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De plus en plus de voyageurs tiennent à l'expérience d'une vie de quartier et ils ont l'embarras du choix en ce moment à Montréal.

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Les chambres, condos et autres formes d'hébergement annoncées sur des plateformes comme Airbnb devront se plier aux mêmes exigences de classification que le reste du secteur touristique, a annoncé la ministre Dominique Vien. Le souci d'équité est légitime. Il faut cependant s'assurer qu'en voulant mettre tout le monde sur le même pied, on ne fait pas disparaître une offre très prisée des voyageurs.

On se demande combien d'étoiles le salon de Joe Gebbia et Brian Chesky aurait décrochées avec le système de classification de Tourisme Québec. Et surtout, si les deux colocs auraient trouvé que le jeu en valait la chandelle. Des frais annuels de 241,31 $, une assurance responsabilité civile d'au moins 2 millions et l'obligation d'afficher sa classification à la vue du public : ça commence à faire beaucoup de chichis pour accueillir des visiteurs sur des matelas gonflables.

Pour la petite histoire, c'est avec cette formule à la fois conviviale et spartiate que MM. Gebbia et Chesky ont fondé Airbnb à la fin des années 2000. Sera-t-elle encore viable avec le projet de loi présenté par la ministre du Tourisme, jeudi dernier ?

La question n'est pas anodine. Même si les plateformes comme Airbnb proposent aujourd'hui un éventail très varié, allant de la roulotte de camping au château en Bourgogne, la simple chambre offerte par l'occupant principal d'un logement demeure très populaire, en particulier dans les grandes villes. Le prix n'explique pas tout. De plus en plus de voyageurs tiennent à l'expérience d'une vie de quartier. Ils ont l'embarras du choix en ce moment à Montréal.

Combien restera-t-il de ces chambres quand ceux qui les louent devront se soumettre à un processus de classification conçu pour des entreprises ?

Il faut prendre garde de ne pas tuer ce type d'hébergement, qui attire une clientèle différente de celles des hôtels, mais non moins encline à dépenser son argent dans les environs.

L'idée d'imposer la taxe d'hébergement sur chaque nuitée, qui figure aussi dans le projet de loi, nous semble beaucoup plus porteuse. Cette taxe déjà en vigueur dans l'hôtellerie est réinvestie dans le développement touristique de la région. L'étendre à l'offre des plateformes comme Airbnb permettra d'aller chercher des sommes intéressantes, sans imposer de fardeau excessif - puisque cette taxe sera intégrée aux systèmes de paiement des sites et acquittée par les visiteurs.

***

L'encadrement de ces nouvelles formules d'hébergement n'est que la partie la plus visible des changements à venir. Les mesures les plus importantes doivent être annoncées par la ministre demain, aux Assises du tourisme. Les grandes lignes, dont l'imposition d'un taux de taxe d'hébergement identique dans toutes les régions, et le transfert du développement touristique à un nouvel organisme indépendant, sont déjà connues. Reste à voir comment le tout s'articulera et, surtout, comment on s'assurera que cette nouvelle structure donne de meilleurs résultats.

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