Quand les heures sont comptées

Si de nombreux CHSLD s'occupent de manière attentionnée... (Photothèque Le Soleil)

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Si de nombreux CHSLD s'occupent de manière attentionnée de leurs résidents, encore trop souvent des gens vivent des histoires d'horreur. Du côté du gouvernement, on ne semble pas reconnaître le problème, avec des budgets alloués de plus en plus serrés et une méconnaissance du terrain par les évaluateurs.

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Le cas très médiatisé du Centre d'hébergement Cooke, où des personnes âgées incapables de se relever ont attendu longtemps avant d'être secourues, a ravivé le débat sur la quantité de personnel nécessaire en CHSLD. Sauf que les heures de soins prodiguées à cet endroit ne sont même pas à la hauteur de ce qui est requis pour une clientèle aussi lourde, montre l'enquête commandée par le ministre de la Santé. Combien d'autres centres d'hébergement et de soins de longue durée ont le même problème ? Et qu'attend-on pour y remédier ?

« Les heures travaillées par jour et par résidant sont de trois heures. Celles-ci sont limites compte tenu des besoins de la clientèle », note le rapport rendu public cette semaine.

Les places en CHSLD, on le sait, sont réservées aux cas les plus lourds. En général, il faut avoir besoin d'au moins 3,5 heures de soins par jour pour y être admis. Le Centre Cooke est presque 15 % en dessous de ce barème.

Pourtant, cet établissement compose avec une clientèle particulièrement lourde. La proportion de résidants qui nécessitent plus de soins (profils 11 à 14 dans le jargon clinique) est plus élevée que dans la moyenne des autres centres, ont calculé les enquêtrices.

Plusieurs facteurs expliquent que les deux résidants filmés le 14 juillet aient attendu au moins 6 à 7 minutes, peut-être davantage (jusqu'à 15 et 30 minutes respectivement), avant d'être relevés. Des employés étaient partis souper, les autres n'entendaient pas les alarmes et appels à l'aide. Les horaires seront réaménagés pour avoir davantage de personnel présent à l'heure du souper, et des travaux ont été entrepris pour ne plus avoir à fermer les portes de chambres qui coupaient le passage du son.

C'est un début. Mais comme on le sait, les employés affectés aux soins, en particulier les préposés aux bénéficiaires, ne se tournent pas les pouces dans les CHSLD. Si un établissement ne couvre même pas les heures requises, il ne faut pas s'attendre à des miracles. Les alarmes auront beau être entendues, il n'y aura pas forcément de préposé disponible pour y répondre rapidement.

Le nombre d'heures travaillées par jour et par résidant doit être augmenté, recommande, en substance, le rapport des enquêtrices. Cela sera-t-il fait ? Et quand ?

Le PDG de l'administration régionale refuse toute entrevue et le ministre de la Santé, qui reconnaît le problème et assure que le rapport ne sera pas tabletté, ne nous a pas fourni de réponse précise non plus. La situation des CHSLD sera une priorité au cours de la prochaine année et le financement à l'activité fera partie de la réponse, laisse-t-il entendre.

Les patients arrivant en CHSLD dans un état de plus en plus avancé, beaucoup n'y restent même pas un an. On comprend qu'on ne peut pas mettre un préposé au chevet de chaque résidant. Mais il faudrait au moins s'assurer, sans attendre qu'une vidéo amateur ne nous force à le faire, que les établissements ne rognent pas sur les heures de soins qu'ils sont censés offrir.

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