Pour en finir avec les gras trans

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Les huiles partiellement hydrogénées sont la principale source de gras trans industriels dans les produits transformés.

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Les huiles partiellement hydrogénées ne sont pas des ingrédients sécuritaires et ne pourront plus entrer dans la composition des aliments vendus aux États-Unis, vient d'annoncer la Food and Drug Administration américaine (FDA). Un virage dont le Canada devrait s'inspirer.

Principale source de gras trans industriels dans les produits transformés, les huiles partiellement hydrogénées ne sont pas « généralement reconnues sécuritaires » pour l'alimentation humaine, a décrété la FDA mardi. Elle donne trois ans aux fabricants pour les retirer de leurs recettes.

« Ce qui est bon pour prolonger la durée de vie en tablette ne l'est pas pour prolonger la vie humaine », a résumé une directrice de la FDA.

Les fabricants utilisent les gras trans dits industriels (ou artificiels) pour améliorer la texture et la durée de vie des aliments. Cependant, ces ingrédients ont des effets indésirables. Ils augmentent le taux de « mauvais » cholestérol et diminuent le taux de « bon » cholestérol, ce qui accroît les risques de maladie coronarienne. Le Canada, qui détenait le record de consommation par habitant dans les années 90, se devait d'intervenir.

Ottawa a fait figure de pionnier, il y a 10 ans, en imposant l'étiquetage des gras trans un an avant Washington. Aujourd'hui, toutefois, sa stratégie ne soutient plus la comparaison.

Le gouvernement canadien a fait le pari qu'il n'était pas nécessaire de contraindre les fabricants pour qu'ils respectent les teneurs maximales recommandées par son Groupe d'étude sur les graisses trans. De fait, un examen de près de 10 000 aliments vendus dans des chaînes d'épicerie et de restaurants en 2010 montre que plus de 95 % respectaient les limites.

Tout n'est pas réglé pour autant.

Dans certaines catégories, dont les colorants à café, les beignes, le glaçage et les biscuits et scones préparés en restaurant, les produits qui dépassent la limite suggérée la dépassent de beaucoup, indique l'étude publiée l'automne dernier dans The American Journal of Clinical Nutrition.

Et les produits jugés conformes ne sont pas nécessairement exempts de gras trans. Il faut seulement que ces substances représentent moins de 5 % des gras de l'aliment (moins de 2 % pour les huiles végétales et les margarines molles).

L'approche de la FDA s'annonce autrement plus efficace. Elle distingue les gras trans nocifs (provenant d'huiles partiellement hydrogénées) de ceux naturellement présents dans les produits laitiers et la viande, et cherche à éliminer les premiers.

Il faudra voir dans quelle mesure les fabricants remplaceront ces huiles par des gras saturés, qui contribuent aussi aux risques de maladies cardiaques. Et s'ils réussiront à prouver que les huiles partiellement hydrogénées sont sécuritaires pour certains usages, ce qui leur permettrait d'obtenir des dérogations. Mais sur le fond, la stratégie est prometteuse. Ottawa devrait envisager de l'adopter. D'autant que plusieurs fabricants vendent des deux côtés de la frontière et auront déjà reformulé leurs produits.

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