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Le financement à l'activité est un modèle prometteur déjà utilisé dans plusieurs systèmes de santé, relève notre éditorialiste.

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Les cas de la loi 10 et du projet de loi 20 réglés, le ministre de la Santé Gaétan Barrette entend s'attaquer au troisième volet de son ambitieux programme, le financement à l'activité. Un autre changement qui risque de susciter de la résistance.

Loi 10 ? En vigueur, la énième restructuration du réseau est bien entamée. Projet de loi 20 ? Le cadre de la procréation assistée a été légèrement assoupli, et le carcan dont on menaçait les médecins de famille est devenu une simple épée de Damoclès. Le nouveau sujet dont on entendra parler, c'est le financement à l'activité.

Ce terme un peu hermétique décrit un principe simple. Si notre réseau de santé public n'existait pas et qu'il fallait l'inventer, l'État pourrait payer une bonne partie des services hospitaliers selon cette formule. Puisque le patient présente sa carte soleil pour obtenir des soins, l'établissement n'aurait qu'à se faire rembourser ces tests et ces interventions aux tarifs convenus. Il aurait évidemment intérêt à ce que ses coûts de production ne dépassent pas lesdits tarifs.

L'ennui, c'est que les hôpitaux sont plutôt financés en fonction de leur volume d'activité passé. Résultat : une offre de service qui ne correspond pas forcément à la demande locale, et une méconnaissance des coûts de production.

Le financement à l'activité ne fait pas de miracle. La réponse à la demande reste limitée par le budget de la Santé.

La formule incite cependant à fournir les services au meilleur coût possible, ce qui peut permettre d'augmenter le volume d'activité. Sauf qu'un nouveau système, aussi valable soit-il, est rarement bienvenu dans un milieu déjà organisé. On le voit avec les centres de radio-oncologie qui, comme l'a révélé notre collègue Ariane Lacoursière la semaine dernière, seront désormais financés en fonction du nombre de patients mis en traitement.

Le financement déterminé par Québec est insuffisant, dénonce le président de l'Association des radio-oncologues, le Dr Khalil Sultanem. Il craint que des hôpitaux optent pour des méthodes moins coûteuses ayant plus d'effets secondaires. Le ministre Barrette jure qu'il ne tolérerait pas une telle pratique et la ferait cesser immédiatement. Nous n'avons aucune raison d'en douter pour l'instant, mais les Québécois ont intérêt à attacher leur tuque. L'imposition du financement à l'activité, tout comme celle des projets de loi 10 et 20, risque de susciter son lot de scénarios catastrophes.

Tout ce qu'on sait, c'est que l'argent suivra le patient... jusqu'à un certain point. Québec veut que les malades puissent être traités rapidement dans leur région, mais ne garantit pas les mêmes délais s'ils choisissent d'aller ailleurs. Ça ne fera pas l'affaire de tout le monde, mais on peut difficilement parler de catastrophe.

Le financement à l'activité est un modèle prometteur déjà utilisé dans plusieurs systèmes de santé. Qu'il soulève des appréhensions est compréhensible, mais le rejeter en bloc ne nous mènera nulle part.

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