Un tueur silencieux

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La coroner Renée Roussel a présenté les conclusions de son enquête sur la mort de Noémi et Audrey Bélanger.

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À la liste des risques dont les voyageurs doivent se méfier en Asie du Sud-Est, il faut désormais ajouter la phosphine, pesticide utilisé illégalement dans des chambres d'hôtel. C'est probablement ce qui a causé la mort des soeurs Bélanger en Thaïlande, a confirmé la coroner Renée Roussel hier. Le poison n'est malheureusement pas facile à détecter.

Les dernières semaines nous en ont appris plus qu'on l'aurait souhaité sur la phosphine. En plus de nous rappeler la fin tragique des jeunes Québécoises, cette substance a coûté la vie à deux bambins la semaine dernière en Alberta. Dans un cas comme dans l'autre, l'usage du produit était totalement inapproprié.

La phosphine, ou phosphure d'aluminium, est un pesticide extrêmement toxique pour l'animal comme pour l'humain. Au Canada, seuls des spécialistes en contrôle antiparasitaire sont autorisés à s'en procurer, et ils n'ont pas le droit de s'en servir contre les punaises de lit.

Dans plusieurs pays, par contre, la fumigation à la phosphine est considérée comme un moyen efficace de se débarrasser des punaises et autres insectes domestiques. C'est ce qui explique qu'une famille originaire du Pakistan en ait ramené à Fort McMurray. Et qu'il y ait pu en avoir dans la chambre d'Audrey et Noémi Bélanger, malgré l'interdiction faite aux hôtels thaïlandais.

Bien que la phosphine soit l'une des rares substances à tuer rapidement sans laisser de traces dans l'organisme, plusieurs indices tendent dans cette direction, montre le rapport de la coroner. Le FBI a recensé une vingtaine de morts de touristes similaires en Asie du Sud-Est depuis la fin des années 2000, dont deux autres dans les îles Phi Phi. De plus, le neuropathologiste québécois qui a étudié les cerveaux des soeurs Bélanger y a trouvé des lésions causées par un manque aigu d'oxygène, semblables à celles détectées chez des humains et des animaux intoxiqués par la phosphine.

Des mises en garde s'imposent. Santé Canada vient d'émettre un avertissement sur le « danger extrême » d'utiliser des insecticides non homologués contre les punaises de lit. Et l'Institut national de santé publique du Québec doit trouver des façons de sensibiliser les voyageurs et de les aider à déceler les symptômes et à y réagir. Il lui faudra cependant quelques semaines, voire quelques mois, pour donner suite à cette recommandation.

L'idéal serait que les pays avides de retombées touristiques comme la Thaïlande ou le Viêtnam fassent preuve de cohérence et empêchent les hôteliers d'empoisonner leur clientèle. D'ici là, la vigilance est de mise.

La phosphine peut aussi bien laisser des effluves d'ail ou de poisson pourri qu'être inodore. Et les symptômes (fatigue, nausée, vomissements, douleurs à l'abdomen ou à la poitrine, difficulté à respirer) ressemblent à ceux d'autres maux. La différence, c'est qu'ils s'atténuent quand on s'éloigne de la chambre, nous dit la Clinique du Voyageur. En cas de doute, mieux vaut en sortir pour aller voir un médecin.

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