La lumière au bout du tunnel

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L'idée de décriminaliser l'aide au suicide a fait du chemin depuis le début des années 90.

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Dans un revirement historique, la Cour suprême ouvre enfin la porte à l'aide médicale à mourir. Ottawa et les autres provinces doivent s'attaquer au défi que le Québec a déjà relevé: légiférer dans la dignité.

Les dispositions du Code criminel interdisant l'aide médicale à mourir sont invalides, a annoncé le plus haut tribunal du pays, hier. Son propre jugement dans l'affaire Rodriguez, qui faisait autorité depuis plus de 20 ans, se voit ainsi relégué aux livres d'histoire. 

Il faut dire que l'idée de décriminaliser l'aide au suicide a fait du chemin depuis le début des années 90. Au Canada, elle a fait l'objet d'au moins six projets de loi aux Communes, d'un rapport du Sénat et de nombreuses recommandations, dont celles de la commission québécoise sur la question de mourir dans la dignité. Et au moins huit endroits dans le monde permettent maintenant une forme d'aide à mourir. Le droit, la législation et la société ont évolué, conclut la Cour dans une décision unanime. 

Vous êtes un adulte affligé de problèmes de santé graves et irrémédiables, qui vous causent des souffrances persistantes et intolérables? Vous voulez mourir, mais avez besoin d'aide médicale pour le faire? Criminaliser une telle aide viole vos droits garantis par la Charte, considèrent désormais les juges. 

Le gouvernement fédéral a un an pour se retourner. À en juger par les déclarations louvoyantes du ministre de la Justice, le parti de Stephen Harper aura du mal à se trouver une position confortable. Il a le choix entre adopter rapidement un projet de loi qui, peu importe sa forme, hérissera une partie de l'électorat. Ou ne pas bouger avant les élections, au risque de voir cet enjeu monopoliser la campagne.

***

Quoi qu'il arrive à Ottawa, les gouvernements provinciaux devront y passer à leur tour. Le fédéral aura beau répondre à la commande de la Cour suprême et établir les paramètres à l'intérieur desquels l'aide médicale à mourir est acceptable, ça ne garantira en rien sa disponibilité. Un peu partout, des patients vont commencer à la réclamer. Chaque province devra déterminer comment son système de santé répondra à ces demandes 

Le Québec, avec son projet de loi adopté au terme d'un intense débat de société, a une bonne longueur d'avance. Reste à voir si toutes ses dispositions passeront le test du futur cadre fédéral.

La détresse des malades incurables qui désirent en finir avec la vie mais n'en ont plus la capacité a été entendue. Il était temps. Nous devons maintenant nous assurer que cette aide à mourir ne devienne pas la seule réponse médicale aux souffrances des patients en fin de vie. Pour cela, il faut que les soins palliatifs soient largement accessibles. C'est loin d'être le cas actuellement. 

Ottawa a une responsabilité dans ce domaine-là aussi. Sa réponse au jugement de la Cour suprême doit inclure des transferts supplémentaires aux provinces pour les aider à rehausser leur offre de soins palliatifs.

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