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L'ENM est une bonne enquête sociodémographique, reconnaît l'ISQ.... (Illustration Thinkstock)

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L'ENM est une bonne enquête sociodémographique, reconnaît l'ISQ. Le problème, c'est qu'elle ne répond pas au besoin de données fiables sur des populations et des territoires plus restreints.

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Le manque de fiabilité du dernier recensement nuit à la gestion de nombreux programmes sociaux, révèle une enquête interne de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Pourquoi le gouvernement Harper s'entête-t-il à répéter la même erreur?

«Les [ministères et organismes] doivent maintenant composer avec des données en moins et, par conséquent, prendre certaines décisions à l'aveugle», résume l'ISQ dans un rapport très critique publié en janvier.

Le remplacement du questionnaire long obligatoire par une enquête volontaire et les autres changements imposés au recensement de 2011 ont coûté 22 millions à Ottawa. Qu'avons-nous en échange? Des données moins solides, plombées par des taux de réponse déficients et en rupture avec le recensement précédent.

Contradictions entre ces données et celles d'autres sources, notamment aux chapitres du revenu et de l'immigration. Sous-représentation des autochtones. Sous-estimation du nombre de familles monoparentales dans de petits territoires. Estimations du revenu moins fiables pour les jeunes, les aînés et les femmes. Les ministères et organismes consultés par l'ISQ ne cachent pas leur insatisfaction à l'égard des résultats de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM).

L'ENM est une bonne enquête sociodémographique, reconnaît l'ISQ. Le problème, c'est qu'elle ne répond pas au besoin de données fiables sur des populations et des territoires plus restreints. Or, plusieurs programmes sociaux, comme les subventions aux écoles de quartiers défavorisés, aux organismes communautaires ou aux communautés autochtones, répartissent ainsi leurs ressources entre des zones et des sous-groupes beaucoup plus petits qu'une province ou une ville.

Le Québec n'est pas le seul affecté. Un groupe de recherche de l'Université de Toronto a vertement dénoncé les taux de non-réponse avoisinant les 30% dans 18 zones métropolitaines au pays. Le Conseil du trésor a essuyé de nombreuses plaintes au sujet de données manquantes. Statistique Canada elle-même a multiplié les avertissements dans ses publications. Une centaine de quartiers ont ainsi été éliminés de son étude sur les résidants à faible revenu pour cause de taux de réponse trop faibles.

Impossible désormais de le nier. Les craintes exprimées à gauche comme à droite, par des associations scientifiques autant que par des regroupements de gens d'affaires, étaient fondées.

Un projet de loi privé réclamant le retour du questionnaire long obligatoire fera l'objet d'un vote aux Communes demain. Merci au député libéral Ted Hsu d'avoir ramené cet enjeu dans l'actualité. Malheureusement, son projet de loi n'a aucune chance. Le gouvernement a déjà confirmé son intention de répéter l'ENM au recensement de 2016.

Il est encore temps d'arrêter ce gaspillage. Si l'administration Harper ne veut pas se rendre à l'évidence, il faut souhaiter qu'une autre, plus éclairée, le fasse après les élections d'octobre.

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