Manger autrement

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Un resto qui sert une cuisine digne de ce nom ne devrait pas être traité comme un délinquant parce qu'un serveur n'a pas imposé assez de nourriture avec une consommation.

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La définition du repas qu'un restaurant doit servir avec de l'alcool est archaïque et prête à confusion. Québec devrait profiter de la parution, cette semaine, du rapport du Groupe de travail sur l'encadrement des conditions de vente et de service des boissons alcooliques dans les restaurants, pour corriger cette anomalie.

La scène est familière. Vous demandez un verre de vin, le serveur répond que vous devez commander de la nourriture. Comme vous n'avez pas très faim, un jeu de devinettes s'amorce. Est-ce que ce plat-ci sera suffisant ? La réponse varie d'un endroit à l'autre. Et pour cause : les lois sont vagues à souhait. Le titulaire d'un permis de restaurant peut seulement vendre des boissons alcooliques « à l'occasion d'un repas ». Et qu'est-ce qu'un repas ? « Un ensemble d'aliments suffisants pour constituer le déjeuner ou le dîner d'une personne. »

La Régie des alcools a amené des précisions dans ses jugements. Un repas doit comprendre plusieurs aliments en quantité substantielle et exclut, par exemple, une assiette d'amuse-gueule.

Ça ne règle pas le problème de fond, qui en est un de désuétude. Le cadre légal ne tient pas compte de la façon dont on mange dans de plus en plus de restaurants ni de ce que les clients considèrent eux-mêmes comme un repas. Partager des portions de la taille d'une entrée est devenu monnaie courante, et les quantités varient selon les individus et les occasions. Or, un restaurant pris à servir ne serait-ce qu'une seule consommation à un inspecteur sans lui avoir vendu assez de nourriture s'expose à des amendes salées. Et, en cas de récidive, à une suspension temporaire de son permis d'alcool.

Un établissement qui se comporte comme un bar alors qu'il détient un permis de restaurant, parce c'est le seul permis d'alcool qu'il a réussi à obtenir, doit être ramené à l'ordre, et la Régie s'en acquitte fort bien. Mais un resto qui sert une cuisine digne de ce nom ne devrait pas être traité comme un délinquant parce qu'un serveur n'a pas imposé assez de nourriture avec une consommation.

Cette histoire de repas n'est qu'un des nombreux cas soulevés par le groupe de travail. Le gouvernement n'a cependant pas besoin d'attendre que la Régie, la SAQ et les ministères analysent l'ensemble du rapport et fassent leurs recommandations, comme il le leur a demandé, pour régler ce cas précis.

Le projet de loi 68, déposé à deux reprises par les libéraux, autorisait les établissements ayant pour activité principale la préparation, la vente et le service d'aliments à servir de l'alcool « en accompagnement de ces aliments ». L'administration Couillard devrait ressortir l'article en question et le faire adopter.

C'est ce que Québec a fait il y a deux ans pour en finir avec une autre absurdité, l'interdiction de repartir d'un restaurant ou d'un bar avec sa une bouteille de vin entamée, qui poussait à la consommation excessive.

Fut un temps où il était normal de prendre le volant après avoir trop bu. Les habitudes ont changé, heureusement. Dans ce temps-là, les lois doivent s'adapter.

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