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Le refus d'autoriser l'installation d'une plateforme élévatrice sur le devant d'une résidence montréalaise soulève des doutes sur la place des personnes handicapées dans cette ville.

Les vieilles pierres sont-elles plus importantes que les vieilles gens ? L'ombudsman de la Ville de Montréal ne pose pas la question aussi crûment, mais tôt ou tard, les autorités municipales devront le faire.

Vous habitez à la même adresse depuis 32 ans, dans le haut d'un duplex qui appartient à votre soeur. Vous aimeriez y rester, mais vous et votre conjoint êtes en perte de mobilité. Par bonheur, la direction de l'habitation de la ville-centre vous accorde une subvention de 32 000 $ pour installer une plateforme élévatrice à l'extérieur. Par malheur, l'arrondissement, lui, juge l'installation contraire à son règlement d'urbanisme et refuse de vous accorder un permis. Vous faites quoi ?

Gail O'Shaughnessy et Jean Hamelin se sont battus pendant un bout de temps. Puis, de guerre lasse, ils ont déménagé chez leur fils, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

L'histoire se passe dans Rosemont - La-Petite-Patrie et deux fois plutôt qu'une, puisqu'un autre citoyen a essuyé le même refus, nous dit-on. Mais le problème se posera ailleurs. Va-t-on chaque fois appliquer le règlement local sans se poser de questions ?

Cette approche n'est pas aussi neutre qu'elle en a l'air. Placer les équipements dont une personne a besoin pour conserver son autonomie sur le même pied que n'importe quelle autre installation, c'est déjà faire un choix - le choix de la pierre plutôt que des gens.

Et c'est sans doute ce qu'il faut faire dans certains cas. La plateforme en question court sur deux étages. Au coup d'oeil, l'effet n'est pas des plus heureux. Sur une maison dite patrimoniale, ce ne serait pas une bonne idée.

Le couple n'habitait pas une maison patrimoniale. Leur secteur, par contre, l'était. Une désignation utile pour éviter que chaque proprio en fasse à sa tête jusqu'à ruiner l'esprit d'un coin. Malheureusement, ça ne fait pas de distinctions entre les menaces à l'intégrité. Un système élévateur aurait peut-être détonné dans cette rue, mais ç'aurait été une entorse défendable.

L'arrondissement a préféré offrir de faire déneiger la ruelle et la cour pour que l'équipement puisse être installé à l'arrière de l'immeuble. Comment se fier à une telle promesse quand on connaît la durée du déneigement dans cette ville ? Le couple a refusé. Nous en aurions fait autant.

L'important n'est pas de déterminer si Rosemont a bien agi, mais d'établir les critères à considérer devant de telles demandes, qui n'ont rien à voir avec un choix de balcon ou de porte. Ces critères devraient être les mêmes dans toute la ville.

Au-delà des beaux discours, Montréal doit se demander quels résidants elle veut. Des gens en forme ? Qui n'ont pas, ou pas trop, d'enfants ? Assez à l'aise pour payer toujours plus de taxes ? Et, surtout, qui n'ont pas besoin d'aménagements inesthétiques ? Brrrrr !




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