Au-delà du G8

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Les membres du G7 ont fait ce qu'il fallait pour marquer leurs distances avec la Russie de Vladimir Poutine, mais la suite sera moins évidente.

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Les membres du G7 ont fait ce qu'il fallait pour marquer rapidement leurs distances avec la Russie. La suite sera moins évidente.

Nous ne participerons pas au sommet de Sotchi, et nous suspendrons notre participation au G8, ont annoncé les dirigeants des pays du Groupe des Sept dans une déclaration commune lundi soir.

La première décision était inévitable. Dans l'état actuel des choses, il est impensable que le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie et le Japon se pointent, comme si de rien n'était, à un sommet des leaders du G8 en Russie. Et personne ne s'attend à ce que Vladimir Poutine fasse, d'ici la date prévue de l'événement, début juin, un geste suffisant pour leur permettre de s'y présenter la tête haute.

Quant à la deuxième mesure, elle est habilement amenée.

Après des semaines de spéculations sur la faisabilité et la désirabilité d'expulser la Russie du G8, les sept autres membres ont trouvé une formule plus diplomatique. Ils ne chassent pas Moscou du club; ce sont eux qui désertent les lieux, faisant du G8 une coquille vide dans laquelle Vladimir Poutine se retrouve tout aussi efficacement isolé.

Si le geste ne change pas grand-chose aux affaires de la Russie, il touche son président là où ça fait mal. En cette année 2014 où celui-ci assume la présidence du G8 et s'enorgueillissait de jouer à nouveau les hôtes dans ce Sotchi rénové à grands frais, le voilà forcé de tout remballer jusqu'à ce que la Formule 1 débarque en octobre.

Pour Stephen Harper, qui parlait déjà de «G7 plus un» l'été dernier, cette sortie en bloc du G8 est une sorte de victoire morale. Mais elle présente des avantages plus concrets. La Russie ne peut pas répliquer par une mesure similaire, comme elle l'a fait lorsque le Canada et les États-Unis lui ont imposé des sanctions diplomatiques. Et surtout, il s'agit d'une réponse coordonnée.

Le premier ministre canadien a beau multiplier les déclarations d'appui à l'Ukraine, et de défi à Moscou, il y a des limites à ce qu'il peut faire seul. Déjà, des sociétés canadiennes présentes en Russie s'inquiètent de l'impact de ses prises de position sur leurs affaires. Après des années à jouer au supercommissaire industriel et à répéter que la croissance et l'emploi sont ses priorités absolues, M. Harper ne peut pas tout bazarder au profit d'une nouvelle image d'homme fort à l'international.

Cela dit, il y a aussi des limites à ce que les membres du G7 peuvent faire ensemble. «Si la Russie continue d'aggraver la situation, nous demeurons prêts à prendre des mesures plus vigoureuses, y compris à imposer de nouvelles sanctions sectorielles coordonnées», ont-ils assuré dans leur déclaration commune.

Il est évident qu'ils croisent les doigts pour que ce ne soit pas nécessaire.




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