Civiliser le bitume

S'il ne faut pas relâcher la pression sur... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

Agrandir

S'il ne faut pas relâcher la pression sur des facteurs de risque évidents et faciles à cibler, d'autres mériteraient plus d'attention.

Photo Robert Skinner, archives La Presse

Le bilan routier n'a jamais été aussi bon, nous apprend la Sûreté du Québec (SQ), cette semaine. Il est temps de s'attaquer à des éléments qui, même s'ils n'ont pas d'effet spectaculaire sur les statistiques, sont essentiels pour civiliser l'espace routier.

En 2013, 277 personnes sont mortes dans une collision sur le territoire couvert par la SQ (plus de 90% de la province). Une réduction de 47% en sept ans.

La comparaison est imparfaite. On ignore le nombre de kilomètres parcourus, ainsi que l'impact du vieillissement de la population, du ralentissement économique, de la sécurité accrue des véhicules et des progrès de la médecine. L'amélioration, toutefois, ne fait pas de doutes, d'autant que le nombre de collisions mortelles ou avec blessés graves diminue aussi.

S'il ne faut pas relâcher la pression sur des facteurs de risque évidents et faciles à cibler, comme la vitesse excessive et les facultés affaiblies, d'autres mériteraient plus d'attention.

La SQ a émis 15 300 constats pour utilisation du cellulaire au volant l'an dernier. Et si l'opération policière en cours est sérieuse (deux semaines jusqu'au 30 mars à la grandeur de la province), la récolte sera impressionnante.

Sévir contre ceux qui tiennent leur cellulaire en conduisant n'infléchira pas tellement le bilan. Ces appareils ont été identifiés comme responsables de seulement trois des 277 décès routiers en 2013. Toutefois, à voir le nombre d'automobilistes qui zigzaguent ou tournent sans regarder parce qu'ils sont absorbés dans leur conversation ou leur texto, il est clair que le téléphone n'améliore pas la qualité de la conduite. L'amende de 80$ à 100$ assortie de trois points d'inaptitude envoie le bon message, mais si l'on veut qu'il passe, le risque d'écoper d'une telle pénalité doit devenir plus concret.

Sur la sécurité des cyclistes, par contre, le message est toujours aussi déficient. Amende prévue pour l'automobiliste qui percute un vélo en ouvrant sa portière? Trente dollars. Et ce, même si le cycliste en meurt, comme c'est arrivé à deux reprises à Montréal depuis deux ans.

Québec a bien créé un comité pour revoir tout ce qui touche le vélo dans le Code de la sécurité routière. L'ennui, c'est que ce comité n'a toujours rien pondu et n'a pas d'échéancier. Il devrait s'inspirer du projet de loi présenté par le ministre des Transports ontarien cette semaine. Pénalité pour «emportièrage» (dooring)? De 300$ à 1000$ d'amende et trois points d'inaptitude. Il faut dire que nos voisins partaient de moins loin: le geste y est déjà passible de deux points d'inaptitude et 60$ à 500$ d'amende.

Encore là, la contribution au bilan serait modeste. Un accident causé par une auto stationnée n'est même pas comptabilisé comme une collision. N'empêche, c'est un autre exemple de mesure qui, appliquée efficacement, rendrait les voies publiques plus sécuritaires et agréables à utiliser.

Ça ne serait pas du luxe.




la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer