Le pari risqué de Cameron

Le premier ministre britannique David Cameron a livré... (PHOTO  BEN STANSALL, AFP)

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Le premier ministre britannique David Cameron a livré un discours parfaitement réversible, offrant à chacun la version qu'il voulait entendre.

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Le premier ministre britannique David Cameron en a satisfait quelques-uns et inquiété plusieurs autres hier, en promettant un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne (UE). Les gains qu'il vient de réaliser auprès des eurosceptiques risquent de coûter cher à l'économie de son pays.

«L'accès au Marché Unique est vital pour les entreprises et les emplois britanniques», a reconnu David Cameron, en précisant que la Grande-Bretagne réussit ainsi à attirer 20% des investissements étrangers réalisés en Europe. Ce qui ne l'a pas empêché de promettre, si les Conservateurs sont réélus, de tenir un référendum susceptible de précipiter le Royaume-Uni hors de l'UE.

Le premier ministre a ainsi livré un discours parfaitement réversible, offrant à chacun la version qu'il voulait entendre. La stratégie, toutefois, n'a fonctionné que partiellement. Sa critique des visées centralisatrices de Bruxelles a ravi les eurosceptiques de son parti, mais sa profession de foi envers l'UE ne rassure qu'à moitié.

L'Idée de se concentrer sur le libre-marché, et de se soustraire à des normes contraignantes comme la longueur de la semaine de travail, a évidemment souri aux gens d'affaires. Plusieurs s'inquiètent néanmoins de l'incertitude créée par cette promesse de référendum. Avec raison.

Deux ans jusqu'aux prochaines élections, puis deux autres années si Cameron est reporté au pouvoir et tient sa consultation dans les délais prévus, c'est long. Assez pour dissuader des investisseurs de s'installer dans ce pays dont l'appartenance à l'Europe n'est plus garantie. Le Royaume-Uni, au bord d'une troisième récession, menacé de décote et forcé de sabrer toujours davantage ses dépenses publiques, n'avait vraiment pas besoin de ça.

Et ce n'est rien comparé à ce qui attend le premier ministre s'il tente de négocier sur les bases annoncées.

Les quelques réactions polies, comme celles d'Angela Merkel et du ministre français de l'Économie et des Finances, Pierre Moscovici, voire même favorables, comme celle des Pays-Bas, ne changent rien à l'affaire. L'UE, aussi attachée soit-elle à la présence du Royaume-Uni en son sein, a peu d'appétit pour ce modèle«à la carte» dénoncé par le président du Parlement européen.

Cameron risque de se retrouver dans une position impossible, à tenter de convaincre son électorat d'approuver une entente n'offrant pas de gains significatifs. Il pourrait même avoir du mal à voter «oui» à son propre référendum. C'est ce qu'on appelle se peinturer dans un coin.

Cela dit, il peut se passer bien des choses d'ici 2017. L'UE, malgré ses promesses d'une plus grande intégration, ne progressera peut-être pas beaucoup dans cette voie. Il est aussi possible qu'elle se raplombe et paraisse soudainement plus désirable. Et qui sait dans quel état sera le Royaume-Uni? Il n'aura peut-être plus le luxe de lever le nez sur un tel partenariat...

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