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Pendant que les missiles pleuvent sur Israël et sur la bande de Gaza, une... (Photo La Presse, David Boily)

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Offensive d'Israël à Gaza

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Offensive d'Israël à Gaza

L'armée israélienne mène l'opération Pilier de défense, la plus importante offensive militaire à Gaza depuis la sanglante et controversée mission Plomb durci lancée en 2008-2009, qui avait fait plus de 1400 morts. »

Pendant que les missiles pleuvent sur Israël et sur la bande de Gaza, une bataille d'une autre nature fait rage sur les réseaux sociaux. Et l'issue de ce combat-là est beaucoup moins claire.

Plus personne ne s'étonne du rôle joué par Twitter ou Facebook en période de conflit. On a vu l'usage qu'il est possible d'en faire durant le Printemps arabe.

Une frontière vient cependant d'être franchie avec ce nouvel épisode du conflit israélo-palestinien. C'est la première fois qu'une armée aussi importante rapporte et commente ses opérations militaires en temps réel avec autant de détails et sur autant de plateformes.

Les hostilités ont véritablement démarré mercredi dernier, lorsque les Forces de défense israéliennes (IDF) ont utilisé leur compte Twitter pour lancer «une vaste campagne» contre des cibles terroristes de la «#BandeDeGaza». Le message suivant annonçait l'élimination du chef militaire du Hamas, lien internet à l'appui. IDF tient aussi un blogue en plusieurs langues et offre un abondant contenu sur Facebook, YouTube, Flickr et Tumblr pour favoriser la propagation de son message.

Sur le fond, rien n'a changé. C'est toujours la même bataille de l'opinion qui se joue en marge d'un conflit armé. Mais comme dans toutes les sphères d'activité humaine, les réseaux sociaux changent la donne.

Contrairement à ce qui se passe en zone de combats, les moyens matériels et la stratégie sont de piètres indicateurs de la victoire. Au contraire, le camp le mieux équipé risque fort de se tirer dans le pied.

C'est ce qui arrive à l'armée israélienne. Les vidéos et les informations qu'elle partage tous azimuts font plus de chemin que d'austères communiqués de presse. Chaque fois qu'un utilisateur de l'internet les approuve ou les relaie, il lui manifeste explicitement son soutien.

Sauf que ces contenus lui attirent également de sévères critiques. Le ton belliqueux de ses micromessages plaît sans doute à une partie de la population israélienne, mais il horrifie aussi beaucoup d'observateurs. Et ce n'est rien comparativement au malaise suscité par les photos que de nombreux jeunes réservistes affichent sur les réseaux sociaux. Le contraste entre leurs poses désinvoltes et les images d'enfants ensanglantés relayées par le compte @AlqassamBrigade (associé au Hamas) est proprement choquant.

Comme bien des politiciens et des entreprises avant elle, l'armée israélienne apprend à la dure. Le formidable pouvoir des réseaux sociaux est une énergie instable que personne ne réussit à contrôler entièrement.

Cette espèce de résistance interne aux tentatives de manipulation est plutôt rassurante. Gardons-nous toutefois d'un faux sentiment de sécurité. Ce n'est pas parce que les images d'un camp nous émeuvent davantage que c'est de côté-là que réside toute la vérité.

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