Le débat qui ne veut pas mourir

La Commission spéciale sur la question de mourir dans... (Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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La Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité a reçu 300 mémoires reçus au terme de 29 jours d'audition aux quatre coins du Québec.

Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse

 

Le rapport sur la question de mourir dans la dignité porte la marque d'une grande maturité. Enfin, on reconnaît les besoins des malades en proie à des souffrances intolérables dans les derniers moments de leur vie. Il était temps. Le plus difficile, toutefois, reste à faire. Il faudra beaucoup de détermination pour que l'assistance médicale à mourir recommandée dans ce rapport soit enfin offerte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«Nous avons la conviction que nos recommandations rejoignent les souhaits d'une forte majorité de Québécois», notent les députés membres de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. Effectivement, les citoyens se sont fait entendre. Les trois quarts des mémoires provenaient du grand public, une participation inusitée à ce genre d'exercice, généralement dominé par les groupes et organismes. Plus de 16 000 personnes ont envoyé des commentaires à la commission. Plus de 6500 ont répondu à son questionnaire en ligne - presque le tiers avait moins de 30 ans. Tout cela pour parler de la mort, un sujet qu'on s'efforce généralement d'éviter. Visiblement les Québécois avaient des choses à dire, et tenaient à ce qu'elles soient entendues.

Les députés de la Commission les ont écoutés, et y ont fait écho. Leurs collègues de l'Assemblée nationale doivent maintenant prendre le relais. La Commission recommande le dépôt d'un projet de loi en juin 2013 au plus tard. Il est temps de passer à la prochaine étape.

En effet, on ne gagnera rien à tabletter ce rapport. Entre les recours intentés par les patients atteints de maladies dégénératives, les procès pour avoir aidé un proche à mourir ou les témoignages déchirants dans les médias, il y aura toujours quelque chose pour ramener le débat dans l'actualité. Les mêmes questions reviendront nous hanter, et on aura beau tout rebrasser, on ne trouvera pas de meilleures réponses que celles fournies par cette commission.

Après deux ans à interroger la population ainsi que les spécialistes d'ici et de pays qui ont légalisé l'euthanasie, on a fait le tour. Les conclusions sont limpides. L'offre de soins palliatifs doit être grandement améliorée. Dans certains cas, toutefois, ces soins ne seront pas suffisants. L'aide médicale à mourir devrait alors faire partie des soins considérés comme appropriés en fin de vie - à condition que le patient réponde à une série de critères très exigeants. La procédure serait évidemment encadrée avec une grande rigueur.

Avec les conditions posées par la Commission, et l'expérience de pays comme la Belgique et la Hollande, il y a tout lieu de croire que cette intervention exceptionnelle puisse être offerte aux mourants qui en ont réellement besoin, sans constituer une menace pour les autres malades.

D'autant que les changements règlementaires et légaux requis pour implanter une telle procédure permettront de s'assurer, 10 fois plutôt qu'une, que toutes les précautions auront été prises.




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