Bulle ou pas

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Même s'il se garde bien d'accréditer la thèse d'une bulle immobilière, le ministre des Finances Jim Flaherty reconnaît, par les mesures annoncées hier, que la situation est préoccupante. Il ferait mieux de garder l'oeil ouvert. Si une bulle devait s'avérer, les resserrements qu'il vient d'effectuer ne suffiraient pas à prévenir son éclatement.
«Il n'existe aucune indication claire de la formation d'une bulle immobilière», a répété le ministre Flaherty. Certains en doutent, mais il faut reconnaître qu'à part le financier montréalais Stephen Jarislowsky, rares sont les spécialistes qui osent le contredire publiquement.

De toute façon, s'il y a vraiment une bulle, ce n'est pas le ministre des Finances qui nous préviendra. En matière de tendances économiques, ce n'est pas exactement le canari dans la mine. On se souvient comment il a nié, jusqu'à la fin de novembre 2008, la venue de cette récession que tout le monde savait inévitable. S'il admet un jour l'existence d'une bulle immobilière ici, c'est qu'elle aura déjà éclaté. On ne saurait conseiller à quiconque de fonder sa décision de vendre ou d'acheter sur les déclarations de M. Flaherty.

Même si le marché canadien ne présente pas tous les symptômes d'une bulle, le patient est drôlement fiévreux par endroits. Il serait prudent de lui épargner les activités trop risquées. Accorder des prêts hypothécaires à des clients incapables de les assumer n'est jamais une bonne idée. À la veille d'une hausse de taux d'intérêt, c'est courir au désastre.

L'un des critères annoncés par le ministre Flaherty écartera les candidats les moins solides, ceux qui échouent le test pour une hypothèque de cinq ans à taux fixe. Un autre impose un minimum de retenue en interdisant de refinancer plus de 90% de la valeur de la propriété. C'est bien peu. En même temps, hausser la mise de fonds minimale à 10%, comme plusieurs le réclamaient, n'écarterait pas tous les candidats à risque.

Mieux vaudrait resserrer les ratios servant à établir la capacité d'emprunter, dit l'économiste Marie-Hélène Legault, spécialiste de l'immobilier résidentiel. Qui n'a pas écarquillé les yeux en apprenant combien sa banque était disposée à lui prêter pour s'acheter une maison? Pourtant, rares sont les consommateurs qui peuvent se permettre de s'endetter autant. Réduire le fameux ratio qui permet de consacrer jusqu'à 35% du revenu brut à payer l'hypothèque, les taxes et le chauffage éviterait que certains ne s'engagent dans des situations intenables.

Bulle ou pas, Ottawa doit suivre la situation de près. Dans l'état de surchauffe actuel, on ne peut pas laisser la croissance du marché reposer sur des acheteurs trop vulnérables, qui seront forcés de rendre les clés en masse dès que les taux commenceront à monter. Personne n'a intérêt à ce que les reprises grimpent en flèche et provoquent un recul brutal des prix de l'immobilier résidentiel.




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