Il rugira à l'OTAN, mais il roucoulera avec Poutine

«Donald Trump n'était même pas élu qu'il critiquait... (ARCHIVES AFP)

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«Donald Trump n'était même pas élu qu'il critiquait déjà l'OTAN. Il n'a, depuis, jamais raté une occasion de se lamenter au sujet de cette alliance», écrit Alexandre Sirois.

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Permettez-nous une prédiction : Donald Trump, lors du sommet de l'OTAN (l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord) qui commence demain en Belgique, va en faire voir de toutes les couleurs à ses alliés. Incluant le Canada.

On adorerait le voir nous donner tort. Mais si la tendance se maintient, il pourrait même tenter de foutre le bordel comme il l'a fait dans le cadre du sommet du G7 à La Malbaie.

Le chaos, il en raffole. Et il se sent visiblement plus à l'aise avec les tyrans et autres chefs d'État autoritaires de ce monde qu'avec ceux qui ont été élus démocratiquement.

Permettez-nous maintenant une deuxième prédiction : Quelques jours après avoir critiqué ses alliés au sein de l'OTAN, Donald Trump va chanter les louanges de Vladimir Poutine, qu'il rencontrera en Finlande le 16 juillet.

On adorerait le voir nous donner tort. Mais si la tendance se maintient, ce sommet va se dérouler comme sur des roulettes. Et le président américain quittera son ami russe en roucoulant. Les paris sont ouverts : quels qualificatifs utilisera-t-il pour désigner Vladimir Poutine? Le décrira-t-il, comme il l'a fait avec Kim Jong-un à Singapour, comme quelqu'un de «très intelligent» et de «très talentueux»? Sera-t-il encore plus élogieux? Ce n'est pas impossible.

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Les indices de ce dérapage annoncé ne manquent pas. Donald Trump n'était même pas élu qu'il critiquait déjà l'OTAN. Il n'a, depuis, jamais raté une occasion de se lamenter au sujet de cette alliance.

Même qu'à la fin du mois de juin, le président américain a expédié une lettre à neuf de ses alliés de l'OTAN, dans laquelle il signale sa «frustration croissante» à leur égard. Le Canada, que Donald Trump semble ravi d'embêter, est l'un des pays qui a reçu cette missive. L'objet de la colère du président : il juge que trop de membres de l'OTAN n'injectent pas assez d'argent dans la défense. «Ce n'est plus supportable», a-t-il soutenu.

Il a renchéri hier, sur son réseau social préféré, Twitter. «Les États-Unis dépensent bien plus pour l'OTAN que n'importe quel autre pays. Ce n'est pas juste ni acceptable», a écrit Donald Trump.

Il n'est pas le premier président américain à sommer ses alliés de faire grimper leurs dépenses militaires. La plupart des membres de l'OTAN ne respectent pas encore l'objectif qu'ils s'étaient fixé : faire grimper ces dépenses à une somme qui représenterait 2% du produit intérieur brut de chaque pays. 

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Ce que Donald Trump ne dit pas, c'est que de nombreux pays sont en train de faire de véritables efforts pour les augmenter, ces dépenses. Elles vont par exemple bondir de 19 à 33 milliards en 10 ans au Canada, a-t-on annoncé l'an dernier lors du dépôt du nouveau livre blanc de la défense. Une hausse d'environ 70%!

À terme, les dépenses militaires canadiennes devraient représenter 1,4% du PIB du pays. Aux yeux de Donald Trump, ce n'est pas suffisant. 

À Ottawa, on répliquera certainement, comme on l'a déjà fait, qu'il n'y a pas que les sommes investies qui comptent. L'usage qu'on en fait est primordial. Et c'est vrai. Le Canada ne peut pas être accusé de s'être traîné les pieds ces dernières années.

C'est pour le démontrer que Justin Trudeau est actuellement en Lettonie. Quelque 450 militaires canadiens ont été déployés dans cette ancienne république soviétique, dans la foulée de l'annexion de la Crimée par la Russie. Un bel exemple de l'engagement du Canada.

Mais ces manoeuvres dissuasives en Lettonie, visant à faire comprendre à Vladimir Poutine qu'il y a des limites à ne pas franchir, ne vont vraisemblablement pas émouvoir Donald Trump. Ce dernier semble encore croire qu'on peut donner le Bon Dieu sans confession au président russe. 

Le mélange d'inexpérience et de naïveté qui caractérise le président de la première puissance mondiale - jumelé à un égo surdimensionné et à la conviction qu'il a toujours raison - laisse présager une autre semaine difficile pour les alliances occidentales, pour la démocratie et pour l'ordre international. Et pendant ce temps, à Moscou, Vladimir Poutine est assurément en train de se frotter les mains.




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