Redouter un «massacre» à Washington

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Le républicain Devin Nunes, président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants au Congrès américain

Photo Brendan Smialowski, Archives Agence France-Presse

Le nom de l'ancien président républicain Richard Nixon est de plus en plus souvent évoqué aux États-Unis et c'est loin d'être une bonne nouvelle.

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Le démocrate Adam Schiff, chef de la minorité démocrate à la commission du renseignement de la Chambre des représentants au Congrès américain

Photo Alex Brandon, Associated Press

La semaine dernière, Donald Trump a autorisé la... (Photo MANDEL NGAN, Agence France-Presse) - image 1.1

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La semaine dernière, Donald Trump a autorisé la publication d'une note confidentielle qui critique le FBI et le ministère de la Justice. Son objectif ? Miner la crédibilité de ces deux institutions, écrit notre éditorialiste.

Photo MANDEL NGAN, Agence France-Presse

On cite son nom et on l'accompagne généralement de quatre mots : « massacre du samedi soir ». C'est l'expression qu'on utilise pour décrire le congédiement, en octobre 1973, d'un procureur spécial qui avait Richard Nixon dans sa mire.

On parle de « massacre », car le ministre de la Justice et son adjoint avaient décidé de démissionner plutôt que de congédier le procureur en question. Richard Nixon avait alors nommé un nouveau ministre de la Justice, qui a accepté de faire le sale boulot.

Donald Trump s'inspirera-t-il de Richard Nixon ? Tentera-t-il de se débarrasser du procureur indépendant Robert Mueller, qui enquête sur l'ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016 ?

On peut aujourd'hui, plus que jamais auparavant, le redouter. Car le président et ses alliés sont en train de réunir les conditions qui pourraient faciliter un tel congédiement.

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La semaine dernière, Donald Trump a autorisé la publication d'une note confidentielle qui critique le FBI et le ministère de la Justice. Et cette semaine, le président a prédit que le principal responsable de la rédaction de cette note, le politicien Devin Nunes, sera un jour considéré comme un « grand héros américain ».

Mettons tout de suite les choses au clair :  ça n'arrivera pas. Devin Nunes n'a rien fait d'héroïque. Au contraire. Il a choisi son camp : sa loyauté à l'égard du président passe avant tout. Même avant l'intérêt public.

Un peu de contexte : Devin Nunes est un élu républicain et il était jadis membre de l'équipe de transition de Donald Trump. Il est aussi le président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants au Congrès américain.

La note confidentielle en question est issue de cette commission. Elle a été rédigée à la demande des républicains qui la contrôlent. On y dénonce, notamment, la façon dont le FBI a obtenu le droit de mettre sur écoute un ancien conseiller de Donald Trump, Carter Page, en raison de ses liens présumés avec des responsables russes.

Selon cette note, l'une des raisons citées par le FBI pour justifier cette surveillance serait ce que contient, au sujet de Carter Page, un document rédigé en 2016 par un ancien espion britannique. Or, ce dernier a notamment été payé par la campagne d'Hillary Clinton.

Les membres républicains de la commission du renseignement laissent donc entendre que le FBI et certains responsables du ministère de la Justice (qui a approuvé la mise sous écoute de Carter Page et qui encadre le travail du procureur indépendant Robert Mueller) n'ont pas été impartiaux dans ce dossier. Entre autres parce qu'ils ont utilisé des renseignements recueillis par un homme rémunéré par l'ancienne rivale de Donald Trump et qu'ils ne l'ont pas fait savoir de façon explicite.

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Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.

C'est actuellement l'objectif de Donald Trump et de ses alliés au Congrès américain. Miner la crédibilité du FBI et du ministère de la Justice. En particulier celle du numéro deux de ce ministère, Rod Rosenstein, dont le travail est critiqué dans la note confidentielle. C'est lui qui supervise l'enquête du procureur indépendant Robert Mueller.

Le pire, c'est que cette stratégie abjecte commence à fonctionner ! Selon un sondage Reuters/Ipsos dévoilé lundi, près de trois républicains sur quatre (73 %) estiment que le FBI et le ministère de la Justice cherchent à « délégitimer » Donald Trump à l'aide « d'enquêtes politiques ».

L'enquête de Robert Mueller n'a pourtant, jusqu'à preuve du contraire, rien de politique. En revanche, il y a de plus en plus de pressions politiques, de la part du président et de ses disciples, pour qu'elle achoppe. 

Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage, donc. À Washington, ces jours-ci, les chiens de garde ne font que leur travail. Ce sont ceux qui tentent de les noyer qui devraient nous inquiéter. Ils sont nettement plus dangereux.

CE QU'ILS ONT DIT

« Les plus hauts responsables et enquêteurs du FBI et du ministère de la Justice ont politisé le processus sacré d'investigation en faveur des démocrates et contre les républicains. » 

- Donald Trump

« L'objectif recherché en l'espèce [par M. Trump] est de saper le FBI, discréditer le FBI, discréditer l'enquête de Mueller. »

- Le démocrate Adam Schiff, chef de la minorité démocrate à la commission du renseignement de la Chambre des représentants au Congrès américain (D'après l'AFP)




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