Enverriez-vous vos enfants apprendre à l'ombre d'un pylône?

L'un des terrains suggérés se trouve à l'ombre... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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L'un des terrains suggérés se trouve à l'ombre de neuf immenses citernes entreposant l'équivalent de 1,3 million de barils de pétrole.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Le ministère de l'Éducation est en train de réinventer l'école. On y développe actuellement des concepts novateurs. Objectif : construire des établissements qui donneront aux jeunes le goût d'apprendre. Mais où bâtira-t-on ces écoles à Montréal?

Dans la cour d'un terminal pétrolier, avec vue sur d'immenses citernes?

Sous des lignes à haute tension d'Hydro-Québec, avec vue sur les pylônes?

Ou encore entre des voies ferrées et l'échangeur Turcot?

Ces trois propositions figurent parmi les offres faites il y a deux semaines par la Ville de Montréal à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), rapportait avant-hier notre journaliste Pierre-André Normandin.

Ce n'est pas une mauvaise blague. Ça ne semble pas non plus être une erreur. «L'objectif est de collaborer avec la CSDM», a rétorqué, sans rire, un porte-parole de la Ville.

Qui prend-on pour des valises?

Soit la Ville fait preuve de mauvaise foi, soit elle manifeste une indifférence désolante quant au problème de surpopulation des écoles de la CSDM. L'offre de Montréal comprend presque uniquement des terrains inexploitables.

Le malheur, c'est que le désarroi de la CSDM pourrait être politiquement rentable pour Montréal. Car la commission scolaire n'arrivera vraisemblablement pas à construire suffisamment d'écoles (elle en aurait besoin, en moyenne, d'au minimum trois par année). Si c'est le cas, le maire de Montréal, qui souhaite obtenir la gestion des établissements scolaires sur son territoire, pourra plus facilement convaincre Québec de la lui céder.

C'est bien connu : qui veut noyer son chien l'accuse de la rage...

La Ville serait-elle plus efficace que les commissions scolaires? Il est permis d'en débattre. Un comité, d'ailleurs, se penche sur la question à Québec. Mais en attendant, de grâce, n'oublions pas que ce sont les élèves qui risquent fort de faire les frais des jeux de pouvoir.

La CSDM a besoin de l'aide de Montréal. Rappelons que depuis une vingtaine d'années, le gouvernement du Québec considère que ce sont les municipalités qui doivent faire l'acquisition des terrains pour la construction d'écoles. «Les commissions scolaires sont donc invitées à s'adresser aux municipalités afin que ces dernières leur cèdent gracieusement un terrain libre de toute contrainte», précise-t-on au ministère de l'Éducation.

À la décharge de Montréal, les terrains disponibles pour la construction de nouvelles écoles sont très peu nombreux. Ça n'excuse en rien la proposition totalement inappropriée de la Ville, mais ça permet de comprendre que ses options sont limitées. Il n'y a pas de formule magique pour régler le problème de la surpopulation.

Soulignons aussi que si la Ville semble faire preuve de mauvaise volonté à l'égard de la CSDM, elle ne fait pas preuve d'une obstruction aussi systématique partout ailleurs. 

Elle aurait récemment dit vouloir donner un coup de pouce à la Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île pour l'achat d'un terrain à Montréal-Nord.

On s'attend à ça d'une administration municipale qui se respecte. À la recherche de solutions à un problème criant, en collaboration avec les commissions scolaires. Pas à des propositions absurdes qui transpirent le mépris.




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