Une bombe à désamorcer

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La distance entre Montréal et Saint-Jérôme est d'environ 50 kilomètres. Quel est le rapport avec Kim Jong-un et l'attitude à prendre à son égard, direz-vous ?

Le leader nord-coréen Kim Jung-Un applaudi à la... (Photo Reuters) - image 1.0

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Le leader nord-coréen Kim Jung-Un applaudi à la suite d'un test de missile intercontinental effectué cette semaine.

Photo Reuters

Ça équivaut à la distance qui sépare la capitale de la Corée du Sud, Séoul, de la Corée du Nord. Y réfléchir permet de prendre la mesure de la menace que représente ce pays voyou, dirigé par un dangereux tyran. Et de la tragédie qu'une déclaration de guerre pourrait provoquer chez son voisin immédiat.

Quelques dizaines de millions d'habitants de la Corée du Sud peuvent être ciblés et atteints par les innombrables pièces d'artillerie et les missiles massés par Kim Jong-un sur la frontière. Celle-ci, rappelons-le, est la plus militarisée du monde.

Et on n'a pas encore parlé de la menace posée par les armes chimiques nord-coréennes. Ni des armes nucléaires, qui représentent le noeud du problème. Il y en aurait au moins une dizaine.

Il n'y a donc aucun doute possible : malgré les provocations répétées de Kim Jong-un, attaquer le régime serait choisir la pire de toutes les options.

L'ampleur de la tragédie potentielle est difficile à évaluer avec précision, mais certains évoquent des centaines de milliers de morts en l'espace de quelques jours en cas de conflit qui dégénérerait.

Cela dit, le statu quo est intenable. La Corée du Nord est chaque mois plus menaçante. Elle a testé pour la première fois cette semaine un missile intercontinental, susceptible de frapper l'Alaska et, possiblement, Hawaii.

Un « cadeau » offert aux « salauds d'Américains » dans le cadre de leur fête nationale, a précisé Kim Jong-un. Avec une telle grandeur d'âme, on aurait préféré qu'il s'abstienne de souligner cet anniversaire.

Initialement, Donald Trump a dit envisager une riposte « sévère ». « Cela ne veut pas dire que nous le ferons », a-t-il cependant pris soin d'ajouter. Est-ce signe qu'il a décidé de faire preuve de modération dans ce dossier ? Si c'est le cas, tant mieux. Éviter la guerre est fondamental.

Il faut néanmoins agir avec aplomb. Traduction : tweeter son irritation ne sera pas suffisant.

La Maison-Blanche peut encore faire augmenter la pression sur le pays. Notamment avec l'aide - jusqu'ici trop timide - de la Chine, dont les échanges économiques avec la Corée du Nord demeurent nombreux.

Par-dessus tout, l'administration Trump aurait tout avantage à multiplier au plus vite les efforts pour relancer le dialogue et permettre la tenue de négociations. Pour y arriver, il lui faudra mettre de l'eau dans son vin. Bon nombre d'experts soutiennent qu'on doit désormais se contenter de persuader la Corée du Nord d'interrompre son programme nucléaire. Pas de renoncer aux armes nucléaires qu'elle possède déjà. Car soyons honnêtes, Kim Jong-un n'acceptera jamais de s'en départir. C'est sa meilleure police d'assurance.

La Corée du Nord est actuellement une bombe à retardement. Il serait sage de la traiter comme telle. L'objectif ne doit pas être de la faire exploser, mais bien de la désamorcer.




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