Leçon d'espoir

«Barack Obama était idéaliste avant d'être élu à... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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«Barack Obama était idéaliste avant d'être élu à la Maison-Blanche. Son discours montréalais démontre qu'il l'est toujours», écrit Alexandre Sirois.

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Barack Obama n'est pas que l'anti-Donald Trump. Il en est aussi l'antidote.

C'est ce qu'il a prouvé hier lors de son bref passage à Montréal. Ses mots étaient à la fois inspirants, rassembleurs et rassurants.

L'ancien président américain n'a jamais prononcé le nom du milliardaire républicain qui lui a succédé. Ni ceux d'autres politiciens populistes et/ou démagogues qui ont le vent en poupe ailleurs dans le monde. Mais il a clairement expliqué pourquoi l'isolationnisme ou le nationalisme que ceux-ci préconisent ne sont pas les chemins à suivre pour un «avenir meilleur».

Si les démocraties renient leurs principes en raison «des peurs et des incertitudes», elles laisseront le champ libre à leurs ennemis, a-t-il prévenu avec à propos. Et elles mettront en péril les progrès accomplis au cours des dernières décennies.

On a tendance à l'oublier, mais il y en a eu des progrès. L'une des grandes forces du discours de Barack Obama aura été de le rappeler.

L'ancien président n'a jamais nié les écueils et les défis auxquels le monde fait face. Elles vont des inégalités croissantes aux changements climatiques en passant par le terrorisme et les migrations de masse.

Il n'est pas naïf. Il le sait très bien. Et il l'explique de façon pédagogique. Mais il fait aussi ce qu'on fait en général trop rarement : il les met en perspective.

Les inégalités sont flagrantes, mais n'oublions pas que «le monde est plus prospère que jamais auparavant», dit-il. Le terrorisme menace, la haine fait toujours des ravages, mais le monde est en général moins violent que jadis.

Il a raison.

Et il n'a pas tort de dire que s'il était possible de choisir l'époque à laquelle nous souhaiterions vivre, sans savoir quel pays nous habiterions ni quelle serait la couleur de notre peau ou notre classe sociale, nous opterions pour la nôtre. Souvent, la nostalgie est mauvaise conseillère...

Quand on y pense, la recette de Barack Obama est aussi simple qu'efficace. Elle tient en quelques mots. «Remplacer la peur par l'espoir.»

L'espoir... S'il y a quelque chose que le premier président noir de l'histoire des États-Unis personnifie, c'est bien ça. C'est ce qui lui a permis d'être élu. Et c'est visiblement ce qui lui permet de demeurer si optimiste alors que son successeur est en train de saccager son héritage, de miner la réputation des États-Unis dans le monde et de mettre en péril l'ordre international libéral.

Il a d'ailleurs parlé à quelques reprises du retrait américain de l'accord de Paris sur le climat. Avec déception, mais sans désespérer. Faisant plutôt remarquer que les villes, les États et les compagnies américaines ne cesseront pas de suivre le chemin, tracé par son administration, vers une économie plus verte.

Quant aux menaces à l'égard de l'ordre international actuel, Barack Obama y répond en rappelant qu'il s'agit d'un modèle inspirant. C'est en créant des alliances que le monde occidental a su redresser la barre au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Et a pu en éviter une troisième.

Il est sage de le dire haut et fort alors que des alliances comme l'OTAN ou l'Union européenne sont décriées et que des pays comme la Russie rêvent d'un nouvel ordre mondial «post-occidental».

Barack Obama était idéaliste avant d'être élu à la Maison-Blanche. Son discours montréalais démontre qu'il l'est toujours. Ce faisant, il nous offre un exemple à suivre. Et une leçon d'espoir à méditer.




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