Perdus dans le trafic

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Les policiers qui gèrent le trafic près des chantiers coûtent plusieurs millions de dollars à la Ville de Montréal chaque année.

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À Montréal, qui dit cône orange dit... policiers.

Cette équation a de quoi surprendre. Est-il normal de confier aux policiers du Service de police de la Ville de Montréal la gestion de la circulation autour des chantiers?

La question méritait d'être posée par la Ville de Montréal.

Cela vient d'être fait et c'est tant mieux. Tout particulièrement en raison de la multiplication des chantiers à travers la métropole.

On a appris la semaine dernière que le comité exécutif a octroyé 51 000 $ à Polytechnique Montréal pour une étude à ce sujet. L'objectif est d'examiner ce qui se fait ailleurs en Amérique du Nord afin de s'inspirer des meilleures pratiques.

Les quelques dizaines de milliers de dollars déboursés pour cette étude représentent un investissement judicieux. Ils pourraient permettre aux Montréalais de faire des économies substantielles.

Car les policiers qui gèrent le trafic près des chantiers sont payés en heures supplémentaires.

On parle d'une somme globale de plusieurs millions de dollars chaque année.

Ce mode opératoire n'est pas en soi un scandale. Bien au contraire. L'idée est d'exclure ce travail de l'horaire normal des policiers pour ne pas compromettre leurs tâches principales.

Leur mission est avant tout de faire respecter les lois, combattre le crime et maintenir la paix et la sécurité.

L'importance de cette mission rend d'autant plus paradoxale la présence de policiers autour des chantiers de construction. Ce travail ne nécessite pas la formation de pointe qui est la leur.

Projet Montréal, qui milite depuis longtemps pour que la gestion de la circulation ne soit plus confiée aux policiers, estime qu'il s'agit d'un « énorme gaspillage de talent et d'expertise ».

Ce sont des réflexions similaires qui, dans le milieu de la santé, poussent depuis longtemps les infirmières à réclamer plus de responsabilités.

Afin de permettre aux médecins de «se concentrer sur les cas les plus complexes», explique leur fédération.

De là à dire que la Ville doit confier ces tâches au secteur privé - ce que fait l'ancien ministre et actuel vice-président de GardaWorld, Christian Paradis -, il y a un pas qu'il faut pour l'instant éviter de franchir.

Le conseiller municipal Lionel Perez a sagement indiqué que «tout est sur la table». Incluant la possibilité d'offrir la gestion du trafic en marge des chantiers à «une autre catégorie d'employés ou des cadets du SPVM».

C'est exactement ce qui se fait à Vancouver, un modèle souvent cité comme une référence. Une quarantaine de policiers y conservent des tâches liées à la circulation. Mais pour ce qui est spécifiquement de la gestion du trafic liée aux chantiers, le service de police a embauché plus de 90 auxiliaires. Ils n'ont ni la même formation ni le même salaire.

Ils ne possèdent pas d'armes à feu, mais ils ont des uniformes et des véhicules ornés d'un logo sur lequel on retrouve des armoiries, comme sur celui des policiers.

Les modalités, à Montréal, restent donc à déterminer. Mais il semble clair que les conditions gagnantes nécessaires au changement sont réunies. Tant les policiers que les contribuables méritent mieux.




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