Un Trump sur stéroïdes

Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté,... (Photo Phil Nijhuis, Reuters)

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Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté, est parfois surnommé le « Trump des Pays-Bas ».

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D'ordinaire, les élections législatives aux Pays-Bas n'empêchent personne de dormir. Hors des frontières de ce pays européen à peine plus peuplé que l'Ontario, elles passent inaperçues. Mais pas cette année. Car le politicien controversé Geert Wilders retient l'attention. Voici trois raisons pour lesquelles ce scrutin, qui a lieu aujourd'hui, est préoccupant.

1. GEERT WILDERS FOMENTE L'INTOLÉRANCE

Certains le surnomment le « Trump des Pays-Bas ». Il se nourrit du ressentiment à l'égard des politiciens traditionnels. Il souhaite consacrer plus d'argent à la défense et moins à la protection de l'environnement. Et il diabolise les immigrants, tout particulièrement les musulmans. Mais à ce chapitre, Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté (PVV), est un Donald Trump sur stéroïdes. Sa priorité est, dit-il, la « dé-islamisation des Pays-Bas ».

Il promet de mettre fin à l'immigration issue des pays musulmans et veut forcer toutes les mosquées à fermer leurs portes.

En plus d'interdire la vente du Coran, le livre sacré de l'islam, qu'il a déjà comparé au brûlot d'Adolf Hitler : Mein Kampf. Il fait donc partie de ces politiciens qui alimentent l'intolérance. Et même s'il ne termine pas premier, son influence aura été considérable. D'abord sur les débats en campagne. Ensuite sur ses rivaux, qui ont durci leurs discours pour séduire ses partisans.

2. ON REDOUTE L'EFFET DOMINO

« J'ai 52 ans et je n'ai jamais vu un tel intérêt de l'étranger pour une élection aux Pays-Bas, témoigne le politologue néerlandais André Krouwel. Les gens comprennent que des dominos sont en train de tomber et que les Pays-Bas ont un petit rôle à jouer. » Ce scrutin est en effet perçu comme un baromètre. On se demande si les électeurs de ce petit pays vont suivre la voie tracée par ceux du Royaume-Uni (qui ont voté l'an dernier pour la sortie de l'Union européenne, le Brexit) et par les États-Unis (qui ont élu Donald Trump).

Si Geert Wilders remporte le plus de voix aujourd'hui, il confirmera qu'une tendance se dessine. Que les politiciens qui ont le vent dans les voiles sont ceux qui disent se rebeller contre le système en place. Ceux qui cultivent le ressentiment à l'égard de l'autre et prennent les immigrants comme boucs émissaires pour expliquer tout ce qui ne tourne pas rond dans leurs sociétés. Cette tendance est inquiétante alors que d'autres élections importantes se dérouleront bientôt en France et en Allemagne.

3. L'UNION EUROPÉENNE EST DÉNONCÉE

Après le Brexit, le Nexit ? Geert Wilders fait partie des politiciens qui dénoncent avec vigueur l'Union européenne. Le « Trump des Pays-Bas » promet d'imiter les Britanniques, qui sont en train de négocier les conditions de leur Brexit. Marine Le Pen promet la même chose aux Français, d'ailleurs.

La montée en puissance de ces eurosceptiques a tout pour plaire à des autocrates comme les présidents de la Russie et de la Turquie. Pour eux, l'affaiblissement des alliances entre les pays européens est une bénédiction. Cela dit, même si le parti de Geert Wilders termine premier aujourd'hui, il y a loin de la coupe aux lèvres dans ce dossier. Il lui faudra négocier avec d'autres formations politiques pour former un gouvernement de coalition. Or, jusqu'ici, personne ne s'est dit prêt à faire un tel pacte avec ce diable.




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