La guerre a un prix, la paix aussi

Le «chien enragé» de l'administration Trump a effectué une sortie publique... (La Presse)

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Le «chien enragé» de l'administration Trump a effectué une sortie publique remarquée cette semaine.

Surnommé «Mad Dog» (même par le président), le secrétaire à la Défense des États-Unis, James Mattis, participait à Bruxelles à sa première réunion de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, l'OTAN. Une alliance dont fait partie le Canada.

«L'Amérique assumera ses responsabilités. Mais si vos nations ne veulent pas voir l'Amérique modérer son engagement envers cette alliance, chacune de vos capitales doit montrer son soutien à notre défense commune», a dit cet ancien général, respecté tant par les républicains que par les démocrates à Washington.

James Mattis faisait référence, tout le monde l'a compris, au soutien financier. Chaque membre de l'alliance s'est engagé à dépenser, pour sa défense, l'équivalent de 2% de son produit intérieur brut (PIB). Or, rares sont ceux qui respectent cette promesse.

La contribution du Canada, par exemple, oscille autour de 1%. Des 28 pays membres de l'alliance, il se retrouve au... 23e rang. Entre la Hongrie et la Slovénie...

Le secrétaire à la Défense des États-Unis n'a pas dénigré l'OTAN comme l'a déjà fait Donald Trump. Pour James Mattis, il s'agit d'un «socle fondamental». Fondée à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, l'alliance a assuré la stabilité du continent européen au cours des dernières décennies.

Le principe est simple : si un des pays membres est attaqué, tous les autres riposteront. Son rôle demeure crucial alors que, notamment, les ambitions de Vladimir Poutine ne connaissent pas de frontières.

La demande de James Mattis sonne juste. Barack Obama et tous ses ministres de la Défense tenaient d'ailleurs le même discours.

Il y a quelques années, le président démocrate a même prévenu le premier ministre britannique David Cameron que s'il ne revoyait pas ses dépenses militaires à la hausse, la «relation spéciale» entre les deux pays risquait d'être compromise.

On ne se racontera pas d'histoires : la sécurité du Canada dépend de ses alliances.

Or, une alliance, à l'image de la vie de couple, fonctionne mal lorsqu'un partenaire a l'impression que l'autre vit à ses crochets.

Bon nombre d'experts vous diront, non sans raison, que le pourcentage du PIB est une donnée arbitraire. Que la façon dont l'argent est dépensé est parfois plus importante que les montants investis. Ou encore que le Canada omet dans ses calculs certaines dépenses que d'autres pays n'hésitent pas à inclure. Dont certaines liées aux anciens combattants.

Ces aspects doivent faire partie du débat.

Un débat au terme duquel on décidera s'il est opportun de revoir nos dépenses militaires à la hausse, ce que le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, semble envisager.

Le moment est d'autant plus opportun pour y songer et en débattre qu'Ottawa est actuellement en train d'élaborer sa nouvelle politique de défense.

Il l'est aussi - et ça, James Mattis n'osera jamais l'admettre - parce que Donald Trump a rendu le monde encore plus instable qu'il ne l'était déjà.




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