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Jusqu'à la toute dernière minute, hier, on a espéré voir une version modérée de Donald Trump.

On souhaitait que le milliardaire républicain laisse au vestiaire l'attitude, les mots, le ton auxquels il nous avait habitués lors de la campagne électorale. Que son discours d'investiture soit magnanime et optimiste.

En vain.

Donald Trump s'est comporté en chanteur racoleur. Celui qui interprète, devant ses fans, uniquement ses vieux succès alors qu'il aurait dû révéler, à un public plus large, ses nouvelles (et meilleures) chansons.

Par-dessus tout, son discours a été sombre.

Comme lors de son allocution remarquée pendant la convention républicaine en juillet dernier, il a brossé le portrait d'une Amérique en perdition.

Un pays en partie miné par la pauvreté avec, sur son territoire, des « usines rouillées, dispersées comme des pierres tombales ». Sans compter « le crime, les armes à feu, et les drogues ».

Un « carnage américain », a dit Trump. Qui « prend fin ici et maintenant », a-t-il carrément promis, de façon démagogique.

Son discours a aussi été populiste. Il a de nouveau diabolisé l'élite politique de son pays et a promis que sous sa présidence, le gouvernement sera « contrôlé par le peuple ».

Enfin, il s'est montré plus protectionniste que jamais. « Nous devons protéger nos frontières des ravages provoqués par d'autres pays qui fabriquent nos produits, volent nos entreprises et détruisent nos emplois », a-t-il, notamment, affirmé.

« L'Amérique va une fois de plus recommencer à gagner », a-t-il ajouté.

Le hic, c'est que selon sa logique, si elle triomphe, ce sera au détriment des autres.

À commencer par ses voisins, le Canada et le Mexique. Les deux pays n'ont pas été formellement nommés hier par Donald Trump. En revanche, ses premiers mots en tant que président n'avaient rien de rassurant pour ses voisins.

« À partir d'aujourd'hui, ce sera simplement : l'Amérique d'abord », a-t-il lancé, précisant que ce « décret » doit être entendu dans « toutes les villes et les capitales étrangères ». Presque au même moment, sur le site web de la Maison-Blanche, on faisait savoir que « les États-Unis ont l'intention de quitter l'ALENA » si cet accord de libre-échange n'est pas revu de façon « équitable ». Cette menace est donc dorénavant officielle.

La vision exposée hier par Donald Trump dans son discours d'investiture se traduira presque assurément par des guerres commerciales, mais aussi par un désengagement marqué de son pays sur la scène internationale.

On se demandait déjà si les alliés américains d'hier seront aussi ceux de demain. On peut aussi, aujourd'hui, se poser une question qu'on n'a habituellement pas à l'esprit quand un président américain entre en poste : à quoi ressemblera l'ordre mondial dans quatre ans ?

Le monde vient vraisemblablement d'entrer dans une période d'incertitude.

Dans « toutes les villes et les capitales étrangères » - à commencer par Ottawa -, l'objectif face à ce président déstabilisateur doit être de limiter les dégâts. Le discours d'hier le confirme hors de tout doute.




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