Maternelle 4 ans : réussite, mode d'emploi

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Si le ministère de l'Éducation a à coeur la réussite scolaire, le sort qu'il réserve aux plus jeunes est de la plus haute importance, souligne Alexandre Sirois.

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On passe beaucoup de temps à réfléchir à la « réussite scolaire » ces jours-ci. Si c'est véritablement ce que le ministère de l'Éducation a à coeur, le sort qu'il réserve aux plus jeunes est de la plus haute importance.

D'où l'idée d'implanter progressivement la maternelle dès l'âge de 4 ans.

Le processus a été mis en branle, lentement, en 2013. Le ministre Sébastien Proulx a fait savoir plus tôt cette année qu'il tentera d'offrir cette option à tous les enfants de la province au cours des prochaines années.

Le diable, comme souvent, est dans les détails.

Lundi, Le Devoir a révélé que les garderies privées voudraient leur part du gâteau. L'Association des garderies non subventionnées s'inquiète du sort de ses établissements et ceux-ci se disent prêts à « donner le programme de maternelle 4 ans » en bonifiant leurs activités.

Le ministre ne semble pas prêt à donner son aval à cette option. C'est une sage décision. Car la qualité des services offerts par ces établissements, qui ont connu un développement accéléré ces dernières années, demeure inégale.

La Direction régionale de santé publique de Montréal a d'ailleurs recommandé de « freiner » leur développement jusqu'à ce que ceux-ci redressent la barre. Son argumentation a été étayée dans un mémoire remarqué, publié il y a deux semaines.

Envisager de confier à ces établissements les tâches qui, actuellement, relèvent des établissements scolaires ne semble pas, du moins pour l'instant, logique.

***

À écouter les experts et consulter leurs rapports, on constate que l'idée de donner la priorité aux très jeunes enfants est une chose aussi évidente que d'affirmer que boire de l'eau est bon pour la santé.

Les Jeunes médecins pour la santé publique, par exemple, ont souligné récemment dans nos pages le « fort consensus scientifique voulant que les investissements en petite enfance offrent les plus grands bénéfices pour améliorer la réussite éducative ».

Des investissements accrus ciblant les jeunes enfants seront donc rentables. Très, très rentables.

À ce sujet, d'autres propos tenus par le directeur de la Santé publique de Montréal, Richard Massé, devraient faire réfléchir le jeune ministre.

L'expert montréalais n'a rien contre l'idée de généraliser la maternelle pour les enfants de 4 ans. En revanche, il estime qu'il faudrait en premier lieu trouver le moyen de faire grimper la fréquentation des centres de la petite enfance (CPE) par les enfants des quartiers défavorisés. Trop de familles moins nanties demeurent encore exclues de ce système qui permettrait pourtant à leurs enfants de mieux développer leur potentiel.

Et il est important que ces enfants y séjournent tôt - dès l'âge de 2 et 3 ans - pour en bénéficier pleinement. Avant, donc, l'âge auquel ils pourraient profiter des retombées de la maternelle, même si l'inscription à 4 ans est généralisée.

En somme, si le ministre Proulx a véritablement la réussite scolaire à coeur, la marche à suivre pour ce qui est des plus jeunes est déjà bien balisée. Et il aurait tout avantage, en la matière, à ne pas mettre la charrue devant les boeufs.




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