Une victoire troublante

« Nos voisins américains nous avaient impressionnés après huit... (Photo John Locher, Associated Press)

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« Nos voisins américains nous avaient impressionnés après huit années noires en votant pour le premier président noir en 2008. Huit ans plus tard, ils nous inquiètent à nouveau », écrit Alexandre Sirois.

Photo John Locher, Associated Press

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On pensait pousser un soupir de soulagement.

On pensait que le cirque Trump, après une tournée qui avait duré beaucoup trop longtemps, allait s'arrêter et rentrer à New York. Que l'homme d'affaires allait prendre une retraite de la politique bien méritée.

Au lieu de ça, le monde se réveille avec une gueule de bois. Et les États-Unis avec un oeil au beurre noir.

Donald Trump, président américain.

On passera les prochains jours à tenter de comprendre et d'expliquer comment ce candidat populiste aux idées radicales a pu se hisser à la tête de la première puissance mondiale.

Comment des électeurs qui estiment, en majorité, que leur président actuel fait du solide boulot ont-ils pu voter pour un candidat qui promet de torpiller l'héritage de ce même président.

Mais avant de se perdre en conjectures, on peut déjà constater que le triomphe de Donald Trump est douloureux.

Il a fait mal à son pays. À l'image de la première puissance mondiale dans le monde, bien sûr. Mais il a aussi accentué les divisions - et l'intolérance - au sein même des États-Unis.

D'abord parce qu'il s'est fait, avec fougue et passion, le porte-étendard de la frange la plus radicale du Parti républicain. Celle qui diabolise les institutions fédérales, qui estime que Barack Obama est un tyran, qui nie les changements climatiques... Entre autres ! Et qui diffuse un mélange toxique où l'intolérance, les mensonges et les théories du complot ont une place de choix.

Ensuite parce qu'il a rendu légitime un discours qui n'était pas jugé publiquement acceptable contre les femmes et les Noirs, notamment.

Avertissement pour les petits et grands : le prochain président n'est pas un exemple à suivre. C'est navrant.

Nos voisins américains nous avaient impressionnés après huit années noires (sous George W. Bush) en votant pour le premier président noir (Barack Obama) en 2008. Huit ans plus tard, ils nous inquiètent à nouveau.

Donald Trump n'a jamais démontré, depuis le lancement de sa campagne en juin 2015, qu'il était prêt à devenir commandant en chef des États-Unis. Il occupera néanmoins le bureau Ovale en janvier prochain.

Son mur, ses déportations massives, ses restrictions à l'immigration, sa réforme du système de santé (qui retirera vraisemblablement la couverture à des millions d'Américains), ses réductions d'impôts qui visent avant tout les Américains les plus riches, sa politique étrangère « imprévisible », son mépris pour les accords commerciaux (qui l'amènera probablement à croiser le fer avec Justin Trudeau), les juges ultraconservateurs qu'il est susceptible de nommer à la Cour suprême et qui auront un impact sur la société américaine pendant de nombreuses années...

Rarement aura-t-on autant espéré qu'un candidat ne respecte pas ses promesses électorales.

Il faut pourtant s'attendre à ce qu'il tienne promesse dans plusieurs des cas. Ses électeurs le réclameront. Et si la tendance se maintient, les républicains contrôleront les deux chambres du Congrès. Ce qui donnera à Donald Trump carte blanche pour faire ce que bon lui semble.

On pensait pousser un soupir de soulagement... On retient plutôt notre souffle.

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