Présidentielle américaine : le tricheur

« Qu'un chef de parti - et certains membres de son... (PHOTO EVAN VUCCI ASSOCIATED PRESS)

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« Qu'un chef de parti - et certains membres de son organisation qui font écho à ses accusations fallacieuses - mine la crédibilité du système électoral de son pays est une honte », écrit Alexandre Sirois.

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« Je vais faire durer le suspense. »

Aucun candidat à la présidence des deux grands partis sur le sol américain n'avait jusqu'ici proféré une telle menace. Avant Donald Trump.

« Je verrai à ce moment-là », a-t-il ajouté lorsqu'on lui a demandé s'il respectera le verdict des urnes le 8 novembre si Hillary Clinton est donnée gagnante.

Sa déclaration a eu l'effet d'une onde de choc d'un bout à l'autre de cette démocratie de près de 320 millions d'habitants.

Bon nombre d'Américains ont manifesté leur stupeur et leur indignation. Avec raison. Donald Trump n'en est pas à son premier affront. Mais il s'agit très clairement d'une de ses déclarations les moins admissibles et les plus inquiétantes.

Hier, il en a remis une couche. « J'accepterai totalement les résultats de cette grande et historique élection présidentielle... », a-t-il lancé lors d'un discours en Ohio. Avant d'ajouter, après une brève pause :  « ... si je gagne ! » Un large sourire éclairait son visage. Il avait l'air du chat qui a mangé le canari.

Il s'est ensuite lancé dans une longue tirade (mensongère) pour dire à quel point le système électoral américain est vulnérable et que le scrutin risque fort d'être truqué. D'autant plus qu'Hillary Clinton est « capable de tout », a-t-il soutenu. « Y compris de fraude électorale. »

Du bout des lèvres, il a fini par dire qu'il acceptera « un résultat clair ». Mais il a fait comprendre à ses partisans qu'il s'attend à un « résultat douteux » qu'il a promis de contester.

C'est irresponsable. Qu'un chef de parti - et certains membres de son organisation qui font écho à ses accusations fallacieuses - mine la crédibilité du système électoral de son pays est une honte.

C'est aussi terriblement pervers. Il laisse entendre que le scrutin sera truqué alors qu'il sait pertinemment que les risques sont quasi nuls. On a recensé uniquement une trentaine de cas de fraude (sur un milliard de votes) entre 2000 et 2014.

Le doute qu'il sème vise à donner l'impression que si Hillary Clinton gagne, elle aura volé l'élection. Que ce sera donc lui, le véritable gagnant. Il cherche à berner ses concitoyens. C'est donc lui le tricheur.

Cette nouvelle controverse confirme aussi que Donald Trump est irresponsable à l'égard de son propre parti. Il mine encore un peu plus les chances des nombreux élus républicains qui tentent de se faire élire au Congrès américain. Et il pourrait en faire perdre le contrôle aux républicains.

Vous aurez compris que nous ne ferons pas, de notre côté, durer le suspense quant à ce que nous souhaitons le 8 novembre. Il faut espérer que l'écart entre les deux candidats soit significatif.

Plus le pourcentage d'électeurs qui voteront pour Hillary Clinton sera élevé, plus le nombre d'États dans lesquels elle triomphera sera considérable et moins une éventuelle contestation du résultat par Donald Trump sera crédible.

C'est la façon la plus sûre de préparer une transition pacifique et sans encombre.

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