Donald Trump : le goujat persiste et nie

« Le choix des Américains se fera entre une... (PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS)

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« Le choix des Américains se fera entre une femme... et un homme qui méprise les femmes », écrit notre éditorialiste.

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On a accusé Donald Trump, preuves à l'appui, de mentir comme il respire.

Les nombreuses allégations à son sujet ces derniers jours semblent toutefois prouver qu'il a dit vrai sur le sujet de l'heure en territoire américain : son comportement à l'égard des femmes qu'il convoite.

Permettez-nous de rappeler à nouveau le passage vulgaire et incriminant de la vidéo diffusée il y a une semaine, où il en discute avec l'animateur Billy Bush.

« Je vais prendre des Tic Tac, au cas où je tenterais de l'embrasser. Tu sais, je suis automatiquement attiré par les beautés. Je les embrasse. C'est comme un aimant. Simplement embrasser, je n'attends même pas. Et quand t'es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire. Les attraper par la chatte. »

Le journaliste Anderson Cooper a par la suite demandé à Donald Trump s'il avait déjà « embrassé ou touché des femmes sans leur consentement ». Le candidat républicain a nié.

Depuis, plus d'une demi-douzaine de femmes ont dit le contraire. Elles affirment avoir été agressées par l'homme d'affaires devenu politicien.

Donald Trump et ses proches se disent, eux, victimes d'un complot « orchestré par les Clinton et leurs alliés : les médias ». Sinon, allèguent-ils, pourquoi toutes ces femmes ont-elles attendu si longtemps avant d'en parler publiquement ?

Cela se conçoit pourtant très bien.

Les dénégations de Donald Trump ont été un élément déclencheur. Plusieurs femmes ont dit avoir trouvé le courage d'en parler publiquement lorsqu'elles l'ont entendu jurer qu'il n'avait jamais fait de telles choses. Ou lorsqu'elles ont entendu d'autres femmes en parler.

On le sait, généralement, seule une minorité de femmes portent plainte en cas d'agression sexuelle. Et lorsque l'agresseur est une vedette, elles hésitent encore plus à le faire.

C'est ce qu'a plaidé Rachel Crooks, qui accuse aujourd'hui Donald Trump de l'avoir embrassée sur la bouche en 2005. L'homme qui partageait la vie de cette secrétaire, âgée à l'époque de 22 ans, l'a confirmé au New York Times. « Je me souviens qu'elle a dit : je ne peux rien faire contre ce gars, parce que c'est Donald Trump. »

Et ce dernier le savait fort bien.

Riche, puissant, il pouvait, pour reprendre ses propres mots, « tout faire ».

Le comédien Bill Cosby s'est dit la même chose pendant plusieurs décennies. Que les langues se délient tout à coup à son sujet - et que plus d'une cinquantaine de femmes l'accusent maintenant d'agressions sexuelles - n'a rien d'un complot.

Les circonstances ne sont pas atténuantes pour Donald Trump. « Tout au long de sa vie et de cette campagne », il « a dit des choses sur les femmes » à la fois « choquantes » et « dégradantes », comme l'a rappelé Michelle Obama jeudi.

Les allégations d'agressions sexuelles à l'égard du candidat républicain ne peuvent pas être balayées du revers de la main en criant « complot ». Plus il y aura de femmes qui témoigneront contre lui, moins on croira ses démentis. Et plus on se dira que le choix des Américains en novembre se fera entre une femme... et un homme qui méprise les femmes.

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