Valoriser l'UQAM

« L'insatisfaction à l'égard de la gouvernance et du... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse)

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« L'insatisfaction à l'égard de la gouvernance et du partage des responsabilités à l'intérieur de l'UQAM est une source d'irritation majeure », écrit Alexandre Sirois.

Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse

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Pourquoi diable Montréal ne serait-il pas aussi renommé pour ses universités que pour ses festivals ?

C'est en quelque sorte la question posée cette semaine par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Montréal International, qui veulent « maximiser les retombées » des universités sur notre économie. Pour y parvenir, estiment-ils, il faut notamment mettre de l'avant un « discours positif » à leur sujet.

Une fois ce constat posé et ces mots prononcés, il faut aussi admettre qu'une des universités montréalaises a ces jours-ci plus de mal que les autres avec son image : l'UQAM.

Grèves et manifestations ont été à la source d'une réelle désaffection (le mot est faible : l'an dernier, 30 % des parents au Québec disaient ne pas vouloir que leur enfant étudie à l'UQAM), mais la grogne ne s'arrête pas là. L'insatisfaction à l'égard de la gouvernance et du partage des responsabilités à l'intérieur de l'université est aussi une source d'irritation majeure.

L'École des sciences de la gestion (ESG) en a fait la démonstration en février dernier lorsqu'elle a menacé l'UQAM de mettre en branle un processus de sécession. Son doyen cherchait notamment à obtenir davantage d'autonomie.

Il a été entendu. La direction de l'université a rapidement demandé à deux expertes de se pencher sur la question de la décentralisation. Leur rapport a été déposé la semaine dernière. Il est à la fois instructif... et alarmant.

Alarmant parce que ces deux expertes, Louise Dandurand et Hélène P. Tremblay, affirment que le statu quo est intenable. « Nous croyons que l'UQAM n'a plus le choix », écrivent-elles.

Instructif parce qu'elles basent leurs conclusions et leurs suggestions sur une analyse issue d'une centaine d'entrevues menées auprès de personnes concernées - et préoccupées - par la situation qui a cours dans cette université.

Ce qui semble clair, pour les auteures du rapport, c'est que certaines instances centrales, dont la commission des études, ont trop de pouvoir et prennent des décisions qui ne devraient pas relever de leur mandat. Elles font, en fait, de la microgestion.

L'appareil bureaucratique en place et le « chevauchement structurel » de diverses instances posent problème. Si une faculté veut créer ou modifier un programme, par exemple, cela peut se transformer en véritable chemin de croix. De façon injustifiable.

Ajoutez à ça le sous-financement chronique de l'institution et vous obtenez une situation intenable.

« Les risques de repli des membres du personnel et du corps enseignant sur leur carrière personnelle, de désintérêt et de perte de notoriété de l'Université sont réels », estiment les expertes.

L'heure du changement est venue. Le rapport ne propose pas une recette à prendre ou à laisser, mais bien des « pistes de solution ». Il faudra les explorer avec circonspection afin d'éviter, par exemple, de créer une nouvelle couche de bureaucratie en augmentant l'autonomie des facultés. Et éviter, en augmentant les pouvoirs des responsables des facultés, de marginaliser ceux des professeurs.

Mais il faut profiter de la mobilisation actuelle pour agir. Les dirigeants de l'Université, qui ont manifesté ces derniers mois une réelle volonté politique en la matière, semblent l'avoir compris.

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