Ces athlètes sont des réfugiés

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La syrienne Yusra Mardini, qu'on voit ici lors d'un entraînement à Berlin, fait partie d'une équipe de réfugiés qui participeront aux Jeux olympiques de Rio.

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Parmi les trop nombreuses histoires de réfugiés qui fuient la Syrie au péril de leur vie, vous entendrez certainement parler à plusieurs reprises, cet été, de celle de Yusra Mardini.

Jadis une jeune athlète prometteuse qui excellait à la nage, elle a jugé l'an dernier qu'elle n'avait plus d'avenir dans son pays. Comme des millions d'autres Syriens, elle a cherché à rejoindre l'Europe.

Et comme c'est souvent le cas, son périple s'est transformé en course à obstacles. Sur l'eau, le moteur du canot pneumatique dans lequel elle se trouvait avec une vingtaine de personnes a calé. Yusra Mardini a sauté à l'eau et, avec sa soeur, nageuse elle aussi, a poussé l'embarcation vers la Grèce pendant trois longues heures.

La raison pour laquelle on parlera cet été spécifiquement de cet exemple de courage et de détermination ? C'est que Yusra Mardini fait partie d'une équipe de réfugiés qui, exceptionnellement, participeront aux Jeux olympiques (JO) de Rio qui commencent dans un peu plus de deux semaines.

Une fondation africaine dirigée par un ancien marathonien du Kenya a eu cette brillante idée et a su convaincre le Comité international olympique (CIO) de former une équipe d'athlètes réfugiés.

Ils seront dix. Et pas uniquement des Syriens, car le problème des réfugiés ne se résume malheureusement pas à ce pays. Il y aura cinq réfugiés du Soudan du Sud dans des épreuves d'athlétisme, deux originaires de Syrie en natation (dont Yusra Mardini), deux ayant fui la République démocratique du Congo en judo et un natif d'Éthiopie qui va courir le marathon.

Loin de nous l'idée de donner le bon Dieu sans confession aux dirigeants du CIO. Plus les années passent, plus on a du mal à s'émerveiller devant les prouesses des athlètes aux Jeux olympiques sans penser à la face cachée de l'olympisme.

Le dossier noir s'épaissit d'année en année. Que ce soit en raison du dopage, de la corruption, ou du fait que le CIO se tourne de plus en plus souvent vers des pays qui se moquent de la liberté et des droits de la personne. Même au sein de certaines démocraties, les dérives se multiplient. Le cas du Brésil, où on a exproprié des dizaines de milliers de familles et où les dépenses somptuaires pour les JO semblent déplacées, est éloquent.

Cela ne doit toutefois pas nous empêcher de saluer l'avènement d'une équipe de réfugiés. En général, ces jours-ci, ces derniers ont mauvaise presse (le Canada fait figure d'exception) et plusieurs les traitent comme des pestiférés. Qu'ils puissent participer aux JO aidera à atténuer cette diabolisation.

Ce sera aussi une campagne de sensibilisation qui permettra de mettre un visage sur des chiffres affligeants et de souligner l'ampleur inédite du problème. Fin juin, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés a annoncé que le monde compte dorénavant 65,3 millions de personnes déracinées. Un triste record.

Espérons aussi que l'initiative fouettera les dirigeants du monde entier. On n'en fait pas encore assez pour remédier à cette situation intenable. Et on ne peut pas accepter que ça devienne normal. Se retrouver avec une équipe de réfugiés à tous les JO serait un échec retentissant pour la communauté internationale.

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