Le jugement de Clinton

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« Avant même de connaître les résultats de l'enquête du FBI, on savait qu'Hillary Clinton n'était pas une candidate parfaite », explique Alexandre Sirois.

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N'en déplaise à Donald Trump, Hillary Clinton n'a commis aucun crime.

Le FBI a tranché : il ne recommandera pas qu'Hillary soit poursuivie pour avoir utilisé une adresse et des serveurs privés pour ses communications par courriel - incluant certains renseignements confidentiels - lorsqu'elle était secrétaire d'État.

C'est, pour la candidate et tous ceux qui estiment qu'elle est la plus apte à succéder à Barack Obama en janvier 2017, une très bonne nouvelle.

Elle ne s'en sort cependant pas indemne. Car le FBI, à l'issue de son enquête, a néanmoins réprimandé sévèrement la politicienne démocrate.

Le directeur du FBI, James Comey, a affirmé qu'elle et son entourage ont été « extrêmement négligents ». Plus de 100 courriels expédiés ou reçus par la diplomate en chef (sur quelque 60 000) étaient classés « secret ».

Il a aussi déploré une « culture » au sein du département d'État, selon laquelle on y fait en général preuve de trop de désinvolture quant à la diffusion d'informations confidentielles par courriel. Hillary Clinton n'a d'ailleurs pas été la seule secrétaire d'État à utiliser un compte privé pour expédier des courriels professionnels.

Le faire a néanmoins été une erreur de jugement majeure de la part de la candidate démocrate à la présidence. Elle a également erré une fois l'affaire révélée en s'embourbant dans les mensonges et les approximations, au fil des mois, en tentant de se défendre.

Avant même de connaître les résultats de l'enquête du FBI, on savait qu'Hillary Clinton n'était pas une candidate parfaite. Elle était la meilleure des tous les prétendants démocrates, mais, comme plusieurs politiciens d'expérience, elle a des défauts et elle a commis des erreurs.

Cela dit, en quatre ans comme secrétaire d'État et huit ans comme sénatrice, force est d'admettre que les erreurs de jugement ont été chez elle l'exception plutôt que la règle.

On ne peut pas en dire autant de son rival républicain. Il offre, avec une inquiétante régularité, de nombreuses raisons de douter de son jugement et de craindre sa victoire en novembre prochain. Sa réaction à la décision du FBI en est un bon exemple.

« Le directeur du FBI a dit que Hillary la malhonnête a compromis notre sécurité nationale. Pas d'accusations. Wow ! #SystèmeTruqué », a-t-il écrit sur Twitter mardi.

Non seulement il continue à l'exprimer comme un adolescent colérique, mais, fidèle à son habitude, il voit des complots là où il n'y en a pas. Le FBI, dirigé par un homme reconnu pour son intégrité, a évalué avec justesse au terme d'une enquête exhaustive qu'aucun tribunal ne reconnaîtrait Hillary coupable d'un crime dans ce dossier.

Toutefois, la candidate doit trouver une façon de réparer les pots cassés, notamment en choisissant un candidat à la vice-présidence expérimenté qui n'aura pas peur, lorsqu'il jugera qu'elle fait fausse route (comme dans le dossier des courriels), de le lui faire savoir.

En somme, crime ou pas, elle ne peut pas et ne doit pas tourner la page sur cet épisode navrant de sa carrière politique sans prouver qu'elle en a tiré des leçons.

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