Or noir et ballon rond

Les organisations de défense des droits de la... (Photo Naseem Zeitoon, REUTERS)

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Les organisations de défense des droits de la personne ont sonné l'alarme au sujet des droits des travailleurs migrants dès 2010, quand la FIFA a choisi le Qatar pour accueillir la Coupe du monde de soccer en 2022, écrit Alexandre Sirois. Ci-dessus, un stade en construction à Al Wakrah, au Qatar.

Photo Naseem Zeitoon, REUTERS

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« Je vis ici comme dans une prison. »

Ils sont accablants, les témoignages recueillis par Amnistie internationale auprès d'ouvriers qui construisent et rénovent des stades de soccer sur le chantier de la Coupe du monde prévue pour 2022 au Qatar.

Des travailleurs sous-payés, à qui on a souvent confisqué les passeports, qui vivent entassés dans des camps « sordides ». Dans certains cas, ils sont carrément « victimes de travail forcé », dénonce l'organisation dans un rapport paru à la toute fin du mois dernier.

Ces reproches faits par Amnistie internationale au Qatar et à la Fédération internationale de football (FIFA) vous semblent familiers ? C'est normal. C'est la cinquième enquête effectuée par l'organisation au Qatar en quatre ans. Et un rapport incriminant a été publié à ce sujet l'an dernier, à pareille date.

En fait, les organisations de défense des droits de la personne ont sonné l'alarme dès 2010, quand la FIFA a choisi le Qatar plutôt que les États-Unis pour accueillir le prestigieux tournoi en 2022. Les droits des travailleurs migrants étaient déjà bafoués (et c'est un euphémisme) dans ce pays. Ils y sont plus d'un million et demi et ce sont eux qui, en majorité, travaillent sur les chantiers.

En sélectionnant le Qatar, la FIFA a visiblement été à la fois séduite et aveuglée par les pétrodollars.

Et elle a « complètement négligé le risque que sa compétition mondiale phare se déroule dans des stades bâtis sur l'exploitation » de ces travailleurs, a décrié le secrétaire général d'Amnistie internationale, Salil Shetty.

Le pire, c'est que depuis sa décision prise il y a plus de cinq ans, la FIFA n'a presque rien fait pour rectifier le tir. C'est pourquoi des stades se construisent encore, actuellement, au mépris des droits et libertés d'êtres humains.

La FIFA est complice. Elle doit redresser la barre immédiatement. À défaut de quoi, tous les joueurs et spectateurs du tournoi seront aussi coupables d'encourager les errements du Qatar en la matière.

Il ne s'agit, précisons-le, que de limiter les dégâts. Car le mal est fait. Déjà, en décidant d'attribuer la Coupe du monde à ce petit pays, la FIFA a choisi de participer à une stratégie de communication brillamment orchestrée par les dirigeants de cette pétromonarchie. Leur objectif : faire oublier non seulement la façon dont ils traitent leurs habitants, mais aussi leur soutien aux les islamistes.

Le soccer - et le sport en général, comme le démontre notamment l'organisation des Jeux olympiques par la Chine et la Russie ces dernières années - est devenu un moyen privilégié de redorer son blason sur la scène internationale lorsqu'on a des choses à se reprocher.

Le sens moral prévaudra-t-il un jour à la FIFA, au Comité international olympique et au sein des autres grandes organisations sportives ? C'est impératif, mais ce n'est malheureusement pas pour demain.

En attendant, journalistes et citoyens des quatre coins du monde doivent refuser d'être dupes et continuer de braquer leurs projecteurs sur les côtés obscurs de ces nations qui cherchent à faire diversion. Ne laissons pas ces pays blanchir leurs réputations aussi facilement.

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