Poulet, fiscalité et chantiers

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Le prix d'une poitrine de poulet achetée dans une rôtisserie St-Hubert est le même d'une succursale à l'autre sur l'île de Montréal. Tout comme le prix d'un beigne chez Tim Hortons ou d'un déjeuner chez Cora.

Pourtant, les comptes de taxes des immeubles où se trouvent ces succursales semblent parfois venir de planètes différentes. Projet Montréal en a fait la démonstration le mois dernier.

Il n'est pas anormal que les propriétaires de commerces dans les quartiers où le marché immobilier a flambé ces dernières années paient des taxes plus élevées. Elles sont calculées selon la valeur des propriétés.

Le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, estime néanmoins que l'écart entre les arrondissements est trop grand. Il faut, selon lui, revoir la façon dont les immeubles occupés par des commerçants sont taxés à Montréal.

C'est effectivement préoccupant. L'administration du maire Denis Coderre n'est d'ailleurs pas non plus insensible aux difficultés des commerçants montréalais. En fait, elle a déjà commencé à atténuer le fardeau fiscal des propriétaires d'immeubles non résidentiels.

En novembre dernier, elle a annoncé que la hausse de taxes pour 2016 allait être moins élevée pour les immeubles commerciaux et industriels (0,9 %) que pour le secteur résidentiel (1,9 %). Une mesure évaluée à 18 millions.

Un an plus tôt, elle avait annoncé l'injection de 40,5 millions sur dix ans pour soutenir l'activité commerciale de Montréal. Ce n'est pas tout. Un groupe de travail sur la fiscalité du secteur non résidentiel vient d'être mis sur pied. Ses membres doivent proposer, d'ici juin, des mesures visant à favoriser « le développement économique ».

Une idée qui circule déjà : proposer des réductions de taxes ponctuelles aux commerces qui perdent des revenus en raison de chantiers. Ceux-ci ont un effet pervers sur l'achalandage et, on le sait, ils se multiplient ces jours-ci.

Des mesures ciblées de ce type sont souhaitables et nécessaires.

En revanche, la question de savoir si le fardeau fiscal du secteur non commercial doit être allégé de façon générale est, dans le contexte actuel, délicate.

Car il n'y a pas que les taxes qui compliquent la vie des commerçants montréalais. Il y a notamment le fait que les achats sur l'internet, tout comme ceux effectués en banlieue, ont la cote.

Il ne faut pas, non plus, oublier que si on décide à l'avenir d'aider les propriétaires d'immeubles non résidentiels en atténuant la hausse de leurs taxes, les autres Montréalais devront se serrer la ceinture pour compenser.

Un tel coup de pouce se traduira forcément par une hausse des taxes des résidences de Montréalais ou par une diminution des dépenses de la ville et, donc, une diminution probable des services.

Le fait que tous les politiciens montréalais se préoccupent de la santé des commerces est une excellente nouvelle. Il faut trouver des solutions novatrices pour donner un nouvel élan à ce secteur éprouvé. Mais il faut le faire de façon réfléchie, modérément.

Ce qui est crucial, c'est que les Montréalais se montrent, à ce sujet, aussi préoccupés que leurs élus. Ils doivent encourager leurs commerçants, tout particulièrement dans les secteurs névralgiques de la ville, s'ils souhaitent une vie de quartier de qualité.

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