À quand l'année des transports en commun ?

« Dans la région métropolitaine, l'achalandage des transports en... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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« Dans la région métropolitaine, l'achalandage des transports en commun a augmenté... mais pas autant que le trafic automobile », souligne notre éditorialiste.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

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Après des années de litiges, d'imprévus et de délais, les usagers du métro de Montréal pourront enfin utiliser, d'ici quelques semaines, les nouveaux trains Azur.

S'ils sont à la hauteur des attentes, ce sera une bonne nouvelle. Ces trains pourront accueillir en moyenne 8 % plus de passagers que ceux qui sont actuellement en service. Et ils tomberont vraisemblablement moins souvent en panne. Enfin, lorsqu'ils auront tous été livrés - on parle actuellement de 2018 -, il y aura sur le réseau 14 trains de plus.

Ça ne changera pas le monde, sauf que... l'impact sur le service aux usagers devrait être perceptible. Tout comme celui d'une autre initiative de la Société de transport de Montréal, iBus, qui sera mise de l'avant sous peu. Un système permettant de savoir où se trouve, en temps réel, l'autobus qu'on attend.

Bref, tout cela est appréciable. Mais nettement insuffisant pour donner un véritable élan aux transports collectifs dans la métropole.

À l'automne 2014, Denis Coderre affirmait que l'année 2015 serait l'année du développement économique, mais aussi celle des transports en commun. À ce chapitre, sa boule de cristal a visiblement fait défaut.

Ce que 2015 a démontré, c'est plutôt que l'auto a pris les transports collectifs de vitesse ces dernières années. C'était la conclusion d'une grande enquête dévoilée en janvier dernier, portant sur les déplacements de 2008 à 2013 (voir l'écran suivant). Dans la région métropolitaine, l'achalandage des transports en commun a augmenté... mais pas autant que le trafic automobile.

Ça, c'est loin d'être une bonne nouvelle.

Il est évident qu'il y a urgence : l'automobile doit cesser de gagner du terrain. Non seulement pour réduire la congestion et les multiples effets pervers (économiques, entre autres) qui y sont associés, mais aussi pour contribuer aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Sachant qu'une large part de ces émissions provient, à Montréal, du secteur du transport.

Sans faire preuve de naïveté, certaines raisons peuvent nous permettre d'être optimistes. Québec mise sur une réforme de la gouvernance ; la création prochaine de l'Agence régionale de transport est certainement un pas dans la bonne direction. La Caisse de dépôt et placement est en train de réfléchir à un service léger sur rail pour le futur pont Champlain ainsi qu'à un projet pour relier le centre-ville et l'ouest de l'île.

Par ailleurs, le prolongement de la ligne bleue semble toujours dans les cartons de Québec. Et Ottawa a promis d'injecter d'importantes sommes dans les transports en commun d'un océan à l'autre.

Les conditions sont gagnantes. Profitons-en pour définir une liste des priorités et garantir leur financement. Pour développer un plan de match et démontrer qu'il existe une véritable volonté politique pour mettre un terme au statu quo.

Si 2015 n'a pas été l'année des transports en commun à Montréal, il n'est peut-être pas trop tard pour que cette promesse se réalise en 2016...

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