Non, ce n'est pas fini

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Jeudi, l'Organisation mondiale de la Santé annonçait la fin de la transmission du virus Ebola au Liberia, seul pays qui ne s'était pas encore, jusqu'ici, débarrassé de la maladie.

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Le revirement spectaculaire, cette semaine, dans le dossier de l'Ebola semble tout droit sorti de l'imagination d'un scénariste d'Hollywood.

Récapitulons. Jeudi matin, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonce (enfin !) la fin de la transmission du virus au Liberia, seul pays qui ne s'était pas encore, jusqu'ici, débarrassé de la maladie. Le monde tourne donc officiellement la page sur ce que plusieurs ont qualifié de « plus grande urgence de santé publique depuis le sida ».

Puis, quelques heures plus tard, on apprend qu'une nouvelle mort suspecte a été rapportée en Sierra Leone. Et hier, l'OMS confirme ce qu'on craignait : il s'agit bel et bien d'un cas d'Ebola.

En somme, ce qui est maintenant officiel, c'est que la pire épidémie d'Ebola de l'histoire n'a pas dit son dernier mot.

L'heure n'est toutefois pas au découragement. Elle est plutôt à la vigilance et à la réflexion. Elle est à souligner l'importance de tirer des leçons de cette crise.

Si le virus a été si dévastateur et demeure difficile à éradiquer, c'est d'abord et avant tout parce qu'on n'a pas reconnu assez rapidement l'urgence de la situation.

Souvenez-vous au début de l'année 2014, lorsque Médecins Sans Frontières (MSF) a sonné l'alarme... La réaction initiale a été de se dire que l'organisation criait au loup.

« Nous devons tous apprendre de cette expérience », a affirmé cette semaine la présidente internationale de MSF, Joanne Liu. Son travail acharné, il est bon de le rappeler, lui a entre autres valu de figurer parmi les 100 personnalités les plus influentes de la planète, sélectionnées par le magazine Time.

Rétrospectivement, elle montre du doigt tant « le manque de moyens internationaux » que « le manque de volonté politique de déployer rapidement une aide pour les populations concernées ».

L'OMS a attendu plusieurs mois (soit jusqu'à ce que l'épidémie frappe ailleurs qu'en Afrique) avant de sommer la communauté internationale de déployer l'artillerie lourde pour lutter contre le virus. Grave erreur, qui ne doit plus se reproduire.

Paradoxalement, quand l'inquiétude a gagné les populations occidentales, des gestes de panique ont été posés. Certains travailleurs de la santé ont été mis en quarantaine forcée sitôt posé le pied dans un aéroport américain. Le cas le plus célèbre est celui de l'infirmière américaine Kaci Hickox, qui poursuit actuellement les autorités du New Jersey à ce sujet.

S'il faut réagir promptement, il est aussi important de se rappeler que la peur est mauvaise conseillère et que des mesures trop intransigeantes peuvent décourager ceux qui ont le courage d'aller au front combattre ces épidémies.

Il faut toutefois continuer d'être sur les dents. Il sera tentant de cesser, sous peu, d'investir dans la formation continue des spécialistes qui ont géré la menace dans nos hôpitaux. N'oublions pas que leur entraînement leur permettra de réagir au quart de tour quand nous devrons à nouveau affronter une épidémie. Et il y en aura d'autres...

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