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« Ces dernières années, le sac en plastique est devenu l'un des symboles les plus évocateurs de la crise environnementale à laquelle fait face notre planète », écrit notre éditorialiste.

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Un jour, dans un avenir pas si lointain, vous marcherez dans la rue et vous vous demanderez pourquoi tant de gens vous dévisagent comme si vous aviez commis un terrible outrage.

Vous réaliserez rapidement que vous êtes la cible de regards hargneux parce que... vous êtes en train de transporter vos achats dans un sac en plastique « à usage unique ».

Ces dernières années, ce sac est devenu l'un des symboles les plus évocateurs de la crise environnementale à laquelle fait face notre planète. Parce qu'il fait partie de notre quotidien et parce qu'il est emblématique de la surconsommation et du suremballage.

La Ville de Montréal, faisant écho à plusieurs autres métropoles nord-américaines, vient de signer l'arrêt de mort de ce sac. En décembre, une commission présidée par la conseillère municipale de Villeray, Elsie Lefebvre, a recommandé l'interdiction des sacs en plastique traditionnels (les plus minces) à partir d'avril 2018.

Dès l'automne 2014, le maire Denis Coderre en avait parlé comme d'un « fléau » et s'était prononcé pour leur disparition. Ultime étape avant celle-ci : le conseil municipal doit donner son feu vert, mais cela devrait n'être qu'une formalité.

Déjà, les recommandations ont fait boule de neige. La Communauté métropolitaine de Montréal a adopté une résolution qui va dans le même sens. La moitié des citoyens du Québec tourneront donc bientôt la page sur l'ère des sacs en plastique jetables.

Notons qu'à l'échelle mondiale, l'initiative montréalaise sera tout sauf une première. Ces sacs sont déjà interdits, par exemple, dans toute la France depuis le 1er janvier.

Faire de ce sac l'ennemi public numéro un de la planète serait une exagération. Il ne faudrait pas, non plus, culpabiliser ceux qui s'en servent encore. Surtout lorsqu'ils les réutilisent. Mais les problèmes environnementaux que cause le plastique qu'il contient sont nombreux et bien documentés, de son impact sur nos océans (des dommages estimés par l'ONU à 13 milliards de dollars par année) aux effets néfastes de sa présence dans la chaîne alimentaire.

N'en déplaise aux représentants des détaillants qui montent ces jours-ci aux barricades, on ne peut pas critiquer l'initiative montréalaise. Même que le délai de deux ans pour mettre de l'avant des solutions de rechange pourrait être plus court. Il n'y a plus de sacs en circulation à San Francisco depuis... 2007 !

Et si on misait, ici, sur 2017, année du 375e anniversaire de la ville ?

Par ailleurs, Montréal interpelle Québec, avec raison, lui demandant d'encadrer la fabrication de ces sacs. Ils devront être à la fois recyclables, durables et conçus ici. Objectif : éviter des pertes d'emplois.

Soulignons que l'interdiction des sacs en plastique à Montréal semble être un grand pas pour l'Homme, mais ce n'est qu'un petit pas pour la planète (et une toute petite portion des 500 milliards de sacs consommés chaque année dans le monde). Elle ne doit pas nous faire oublier qu'il faut faire plus.

La commission présidée par Elsie Lefebvre invite d'ailleurs l'administration municipale à encourager des initiatives de réduction des bouteilles d'eau, des ustensiles et des microbilles en plastique, ainsi qu'à contrer le suremballage. Des enjeux qui doivent aussi - et surtout - interpeller chacun d'entre nous.

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