L'abcès syrien

Un bombardement de la coalition menée par les... (PHOTO ARI JALAL, REUTERS)

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Un bombardement de la coalition menée par les États-Unis contre la ville de Sinjar, dans le nord de l'Irak, où se trouvent des forces du groupe État islamique.

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François Hollande a promis de « détruire » le groupe État islamique (EI).

Pour y parvenir, il a notamment décidé d'intensifier les opérations françaises en Syrie. Depuis dimanche, le nombre de frappes est en hausse. Et l'envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle dans l'est de la Méditerranée permettra à la France de tripler le nombre de ses chasseurs dans la région au cours des prochains jours.

Ce retour de la Syrie dans les priorités de la France - et des autres grandes puissances - est une très bonne nouvelle.

La crise dans ce pays a débuté il y a près de cinq ans. Son pourrissement appelait, depuis longtemps, à plus de sérieux. Ce n'est pas d'hier qu'on sait que le pays est devenu une « fabrique de terroristes », expression utilisée par François Hollande.

La situation sur le terrain se résume en un mot : impasse. Parce que le problème est extrêmement complexe. Mais aussi parce qu'on n'a jamais vraiment tenté de trouver des solutions avec détermination. La crise syrienne est un abcès qu'on a laissé enfler. Et l'EI en a profité.

C'est pourquoi être impitoyable ne suffira pas. Il faut aussi déployer des trésors d'ingéniosité. Les solutions sont bien évidemment militaires, mais elles sont aussi diplomatiques.

En marge d'un colloque organisé la semaine dernière par la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, trois experts français de l'islamisme ont participé à une rencontre éditoriale en nos murs. Ils étaient unanimes : les frappes aériennes, seules, ne permettront pas de vaincre l'EI.

Militairement, il faut convaincre les acteurs régionaux de pousser à la roue, au sol, avec une ardeur renouvelée et une réelle coordination. Mais avant d'y arriver, ces pays doivent commencer par se concerter et s'entendre.

D'où l'importance des efforts diplomatiques en cours. Ils se poursuivent, mais pas encore assez vigoureusement. Une rare percée a eu lieu samedi lors d'une rencontre à Vienne sous l'égide des États-Unis et de la Russie : l'adoption d'une feuille de route pour une transition en Syrie.

Le plan tient en trois points. Une rencontre entre les représentants de l'opposition et le régime de Bachar al-Assad, qui doit avoir lieu d'ici le 1er janvier. La formation d'un gouvernement de transition au cours des six prochains mois. L'organisation d'élections au cours des 18 prochains mois.

Le problème, c'est que ce ne sont pour l'instant que des voeux pieux. Les prochains pourparlers auront lieu dans un mois. On n'a même pas décidé qui fait partie de « l'opposition » qui doit rencontrer le régime. Et ni ces opposants ni le régime n'ont participé au sommet de Vienne.

Résoudre la crise syrienne est loin d'être chose faite. Mais les changements positifs des derniers jours (incluant la coordination militaire « plus étroite » entre Paris et Moscou) devraient nous pousser à redoubler d'efforts pour y arriver. Des efforts auxquels Ottawa doit participer de façon substantielle, avec conviction.

L'abcès syrien doit être crevé.

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