Lumineuse idée ?

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Moment Factory a distribué cette image, qui montre le pont Jacques-Cartier tel qu'il devrait apparaître une fois éclairé.

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« Un pont trop somptueux ? »

C'est la question que posait à la une cette semaine le quotidien Montreal Gazette. Il faisait référence au projet de « mise en lumière interactive » du pont Jacques-Cartier, prévu pour 2017.

L'initiative a été annoncée à la toute fin du mois de juillet. Il s'agit d'un des projets phares mis de l'avant par la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, dont le commissaire est Gilbert Rozon.

C'est le coût qui a fait tiquer la Gazette, qui estime qu'il ne s'agit pas d'une idée « lumineuse ». Globalement, on a prévu investir 39,5 millions de dollars pour le projet sur dix ans. Ottawa a promis de payer les trois quarts de cette somme.

La Gazette a examiné les coûts des systèmes d'éclairage d'une douzaine de ponts à travers le monde. Conclusion : il aurait été possible de payer beaucoup moins cher.

Ce n'est pas faux. Mais c'est aussi, comme l'a dit avec raison Gilbert Rozon en entrevue, « comparer des pommes et des oranges ».

Prenons l'exemple du John A. Blatnik Bridge de Duluth, au Minnesota. Il est d'une longueur équivalant à celle du pont Jacques-Cartier, explique The Gazette. Et l'éclairer n'a coûté que 750 000 $. Mais on parle ici d'un éclairage de base, à des années-lumière du projet montréalais, qu'on décrit comme une « oeuvre d'art ».

La ville de San Francisco a prévu, pour le Bay Bridge, une installation lumineuse artistique qui s'apparente à ce qu'on verra à Montréal. Elle déboursera quelque 26 millions de dollars canadiens pour installer un système d'éclairage sur un seul des deux côtés du pont.

Précisons par ailleurs que le projet montréalais coûte à la base quelque 20 millions de dollars, auxquels vient s'ajouter une somme équivalente pour le fonctionnement et l'entretien. Incluant, précise-t-on, le retrait du système d'éclairage lorsque ce sera nécessaire pour la réfection du pont, mais aussi à la fin du projet.

L'investissement montréalais semble encore moins déraisonnable sachant qu'on injecte bon an mal an une somme considérable pour les « travaux majeurs » sur le pont Jacques-Cartier. Ce montant a oscillé, annuellement, entre 9,1 et 27,1 millions de dollars au cours des cinq dernières années.

Notons aussi que c'est une entreprise québécoise renommée, Moment Factory, qui doit mettre en oeuvre ce projet. Les sommes impliquées seront donc réinvesties dans notre économie.

Bref, oui, l'idée est lumineuse. Là où Gilbert Rozon fait fausse route, c'est lorsqu'il compare l'effet potentiel du projet sur l'image de la ville à celui joué par la construction du musée Guggenheim à Bilbao, en Espagne. Ce superbe établissement conçu par l'architecte Frank Gehry fait, encore aujourd'hui, courir les foules.

On ne peut comparer l'impact de l'éclairage d'un pont, aussi sophistiqué soit-il, à celui d'une oeuvre architecturale majeure. À ce titre, c'est dommage, mais parmi les legs annoncés jusqu'ici pour le 375e anniversaire de Montréal, on cherche en vain un projet qui serait à la fois audacieux, durable et remarquable.

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