Les malheurs de Jeb

Le nom de famille de Jeb ne joue... (PHOTO NATI HARNIK, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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Le nom de famille de Jeb ne joue pas en sa faveur, explique notre éditorialiste.

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La semaine dernière, Jeb Bush a dû présenter ses excuses... à la France.

Explications : le candidat républicain à la présidence des États-Unis avait, lors du plus récent débat, reproché à son rival Marco Rubio ses absences répétées au Sénat américain.

« Franchement, c'est quoi, le Sénat ? C'est comme une semaine de travail en France ? Vous n'avez qu'à vous présenter trois jours ? », avait-il lancé.

Non seulement la boutade était tombée à plat, mais Bush avait ensuite été déstabilisé par la contre-attaque de son adversaire. « Quelqu'un vous a convaincu que m'attaquer allait vous aider ! », a répliqué Rubio, laissant Bush bouche bée.

L'attaque ratée a donc, par ailleurs, irrité les Français. D'où les excuses. Mais elle a surtout démontré une fois de plus à quel point la campagne de Bush, candidat favori de l'establishment républicain, ne lève pas.

Non seulement il a multiplié les gaffes et les faux pas au cours des derniers mois, mais on lui reproche encore, sur le terrain, de ne pas être assez passionné. D'être trop fade. 

« Il manque d'énergie », répète inlassablement un autre de ses rivaux, Donald Trump.

Si bien que ce soir, alors que se déroule un autre débat républicain, certains estiment que Bush joue son avenir. Que s'il ne livre pas une solide performance, il peut mettre une croix sur son rêve d'occuper la Maison-Blanche.

À la décharge du candidat, sa performance discutable depuis le début de la campagne est loin d'être le seul grain de sable dans l'engrenage.

Son nom de famille joue aussi pour beaucoup. Pas facile d'amadouer les électeurs lorsque les déboires de son frère - George W. Bush - à la présidence sont si frais en mémoire. Le fait que Jeb serait le troisième membre de la famille Bush à s'emparer de la Maison-Blanche en un quart de siècle semble aussi lui nuire.

Et que dire de l'humeur des électeurs républicains. À tous les quatre ans, leur colère et leur ressentiment prennent de l'ampleur. Ils n'ont pas d'appétit pour les politiciens plus modérés. Ni pour ceux qui ont trempé en politique trop longtemps. Les divers candidats républicains ne répètent-ils pas depuis des années que le gouvernement est néfaste ? Qui sème le vent récolte la tempête...

Les malheurs de Bush étaient donc prévisibles. Il n'en demeure pas moins que c'est une mauvaise nouvelle pour le Parti républicain. Et une situation qui a de quoi préoccuper l'ensemble des Américains.

Parce que les problèmes de Bush et des autres candidats modérés laissent encore plus de marge de manoeuvre aux candidats comme Donald Trump et Ben Carson. Et donne ainsi plus d'impact à leurs propos parfois xénophobes ou misogynes et souvent carrément insensés.

On ne peut pas compter sur ces prétendants à la Maison-Blanche - en tête dans les sondages - pour relever les nombreux défis auxquels devra faire face le successeur de Barack Obama.

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