Mâcher de la gomme et marcher en même temps

Le maire de Montréal, Denis Coderre... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Le maire de Montréal, Denis Coderre

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Rien ne résiste à Denis Coderre.

C'est du moins l'image que le maire de Montréal a voulu projeter en empoignant un marteau-piqueur en août dernier pour détruire une dalle en béton de Postes Canada.

Pourtant, cette semaine, discrètement, il a battu en retraite. Son administration a dit non à un débat sur l'avenir de la démocratie montréalaise.

Le débat était notamment réclamé par le conseiller Marvin Rotrand. Ce vieux routier de la politique municipale n'en voulait pourtant pas en 2011, alors qu'il était leader de l'administration de Gérald Tremblay.

M. Rotrand a changé d'avis. Selon lui, les Montréalais doivent se questionner sur le cadre électoral de leur ville. Une discussion qui tournerait grosso modo autour de trois grands enjeux : le découpage des districts, la façon dont nos élus sont choisis et - le dernier, mais non le moindre - le nombre d'élus.

Il y a actuellement 103 élus à Montréal. Le maire et les 46 conseillers de la ville, en plus des 18 maires d'arrondissement, forment le conseil municipal. À ceux-ci s'ajoutent 38 conseillers d'arrondissement.

Y en a-t-il qui sont superflus ? Ou, au contraire, le grand nombre d'élus municipaux permet-il aux Montréalais de bénéficier d'un rapport privilégié avec ceux qui les représentent ? Une hypothèse que plusieurs, incluant M. Rotrand, soutiennent.

Par ailleurs, le système électoral actuel est-il le plus approprié ? Un système préférentiel (qui permet l'élection des candidats qui ont eu plus de 50 % des voix, mais force de nouveaux décomptes si personne n'a franchi ce cap) permettrait-il aux minorités, par exemple, d'être plus visibles au conseil municipal ?

Enfin, est-ce normal qu'un élu représente parfois deux fois plus de Montréalais qu'un autre ?

Un système qui n'est pas sans rappeler le Sénat américain, où deux sénateurs par État sont élus. Que ce soit en Californie, qui compte 38 millions d'habitants, ou au Vermont, où on en trouve 600 000.

On le voit, il n'y a pas de certitudes ni de réponses simples quant à ces enjeux cruciaux. Et il n'y en aura pas de sitôt... On a repoussé tout débat au sujet du cadre électoral après la prochaine élection municipale - qui aura lieu en 2017.

Pour plusieurs, le système actuel n'est pas optimal. Même parmi ceux qui ont participé à son élaboration. D'où la nécessité d'un débat.

Les fusions ont laissé des plaies qui ne sont pas complètement cicatrisées. On a donc acheté la paix. Mais débattre de ces enjeux ne voulait pas nécessairement dire déterrer la hache de guerre.

À la décharge du maire, il a tenu sa promesse. Il s'était engagé, en campagne électorale, à ne pas « toucher aux structures », a rappelé son porte-parole. Il veut avant tout se concentrer sur « l'efficacité de la ville ».

Il aurait toutefois été possible, pour reprendre une expression chère à M. Coderre, de mâcher de la gomme et marcher en même temps.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer