Recherche et développement: un retard qui coûte cher

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Le retard du Canada en matière de recherche et développement empêche le pays de passer d'une économie de ressources naturelles à une véritable économie du savoir, note notre éditorialiste.

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Parmi les derniers de classe... et encore en train de reculer. C'est la position du Canada au sein des pays développés en matière de recherche et développement. Cette situation empêche le Canada de passer d'une économie de ressources naturelles à une véritable économie du savoir. Et après avoir envoyé des signaux encourageants, Québec et Ottawa doivent maintenant accoucher de mesures concrètes pour négocier ce virage.

Les statistiques sur les dépenses en recherche et développement font rarement la une des journaux. Les Canadiens et les Québécois devraient pourtant s'intéresser à celles dévoilées la semaine dernière par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

On y apprend qu'en 2014, dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles, le Canada a investi 1,61 % de son PIB en recherche et développement (R-D). Cela nous place au 20e rang des pays de l'OCDE, à des années-lumière de pays comme la Corée (4,29 %), Israël (4,11 %) ou même les États-Unis (2,74 %).

Ce n'est pas d'hier que le Canada fait mauvaise figure dans ces palmarès. Mais les investissements y diminuent systématiquement depuis 2009, alors qu'ils augmentent généralement ailleurs. Aujourd'hui, le retard du Canada est tel qu'il faudrait investir plus de 16 milliards par année, ne serait-ce que pour rattraper la moyenne de l'OCDE.

La principale conséquence de ce sous-investissement est que notre économie est encore beaucoup trop dépendante des ressources naturelles. Quand le prix du pétrole chute, c'est toute l'économie du Canada qui est secouée.

L'autre conséquence est que c'est par l'innovation qu'une société trouve des solutions à ses problèmes. Le vieillissement de la population, l'adaptation aux changements climatiques et la lutte contre la radicalisation, notamment, exigent des réponses créatives.

La bonne nouvelle, c'est que les gouvernements semblent prendre le problème au sérieux. Ottawa a déjà annoncé un réinvestissement substantiel et tient actuellement des consultations sur la façon de déployer l'argent. À Québec, la ministre Dominique Anglade planche sur une très attendue politique sur la science et l'innovation. Le milieu scientifique parle prudemment d'un possible « alignement des astres ». Mais au-delà des démonstrations d'ouverture, il faudra que les actions suivent.

Il n'y a pas de solution magique aux problèmes du Canada, causés à la fois par un manque d'innovation des universités et des entreprises. Du côté du privé, les mesures d'aide ont historiquement ciblé les petites entreprises. Une idée audacieuse serait d'accorder l'aide non pas en fonction de la taille, mais bien de la croissance des entreprises, afin de favoriser celles qui génèrent déjà des emplois et de l'innovation. L'objectif : propulser nos champions afin d'en faire des géants technologiques. Il faudra aussi se demander pourquoi les rares géants qui parviennent à émerger finissent souvent par vaciller (Nortel, Research In Motion, Bombardier).

Quant à la relance de la recherche publique, elle passe nécessairement par un réinvestissement. Les dollars sont rares par les temps qui courent, mais toutes les études démontrent que ceux investis en R-D finissent par rapporter. Le moment est venu pour nos gouvernements de montrer qu'ils peuvent voir à long terme et faire du Québec et du Canada de véritables sociétés du savoir.

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