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Vite, un vaccin!

Après la grippe pandémique et la grippe aviaire, voici maintenant que la grippe... (Photo AP)

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Rafick-Pierre Sekaly

Après la grippe pandémique et la grippe aviaire, voici maintenant que la grippe porcine frappe à nos portes, voire envahit notre pays. Ces vagues incessantes de virus qui passent de différentes espèces animales à l'humain soulèvent de nombreuses questions sur notre capacité de prévoir ces nouvelles menaces d'épidémies et surtout de protéger nos populations contre ces fléaux du XXIe siècle.

Les virus ne peuvent survivre par eux-mêmes; ils doivent infecter un hôte pour pouvoir persister et se disséminer. En passant d'une espèce à l'autre, ici des porcins à l'homme, ils étendent leur portée et peuvent se disséminer encore plus et persister plus longtemps; ils atteignent ainsi leur objectif. C'est par leur capacité de muter, c'est-à-dire de changer leur bagage génétique qu'ils peuvent éventuellement infecter des hôtes qui ne sont pas leur habitat naturel.

 

Tous les virus ne sont pas dotés de cette capacité de muter et de passer d'une espèce à l'autre; le virus de la grippe le fait parce qu'il est fragile en dehors de son hôte, donc il se doit de trouver de nouveaux hôtes pour persister. Le virus de la grippe porcine a donc acquis de nouvelles propriétés qui lui ont permis d'infecter l'homme.

Ce n'est pas la première fois que ce virus passe chez l'humain. Déjà en 1976, au New Jersey, il avait tué des individus en parfaite santé. Toutefois, à cette époque, le virus n'était pas sorti de cet État. Aujourd'hui, il est passé du Mexique aux États-Unis et au Canada; on le retrouve aussi en Europe et, à nouveau, il tue des individus en santé.

Que peuvent faire nos gouvernements pour dépister d'abord de façon systématique ces virus émergents pour ensuite enrayer la dissémination de ces nouveaux virus? Il est illusoire de penser que nous pourrons un jour mettre sur pied des mesures de prévention classiques capables d'empêcher l'émergence et la transmission de ces nouveaux virus qui passent impunément d'une espèce du monde animal à l'autre. La fermeture des frontières et autres modes de surveillance ne parviendront jamais à empêcher les virus de conquérir de nouvelles frontières.

Par contre, l'identification de nouvelles infections à leur stade les plus précoces permettrait de traiter rapidement les individus infectés et de ralentir la dissémination du virus. Nous avons la chance inespérée que le virus de la grippe porcine, contrairement à la grippe aviaire, soit sensible aux médicaments antiviraux. Nous disposons aussi d'outils pour diagnostiquer cette infection. Les virus se transmettent plus facilement quand les niveaux de virus (charge virale) sont plus élevés chez l'individu infecté et c'est le cas d'individus nouvellement infectés; les stratégies qui permettraient d'identifier rapidement et de traiter ensuite les individus récemment infectés contribueraient certainement à une réduction du nombre de nouvelles infections. Un effort systématique visant l'identification de nouvelles infections doit être la priorité de nos agences de santé publique au niveau fédéral et provincial. Disposons-nous d'outils propres au virus de la grippe porcine? La réponse est affirmative et il serait déplorable de ne pas mettre en place ces stratégies qui nous donneraient un avantage certain dans la lutte contre la dissémination de tels virus.

Cela dit, nos gouvernements doivent surtout axer leur action sur la prévention. Nous devons absolument développer de nouveaux vaccins qui sont efficaces contre tout virus émergent incluant celui de la grippe porcine. Un effort de recherche systématique doit être mis sur pied. Une structure conjointe regroupant les institutions appartenant aux différents secteurs de notre société, académiques, corporatifs et publics, devrait permettre de développer un ordre du jour pour le développement rapide d'un vaccin spécifique de la grippe porcine, mais aussi de vaccins contre d'autres nouvelles infections émergentes.

Nous ne pourrons jamais empêcher des virus de passer à de nouvelles espèces; c'est une propriété qui leur est inhérente et qui leur permet de survivre. Il est illusoire de penser que nous pourrons contrer le cours normal de l'évolution.

L'auteur est professeur titulaire au département de microbiologie et d'immunologie à l'Université de Montréal et au CR-CHUM, de même que directeur du Vaccine and Gene Therapy Institute, à Port St. Lucy, Floride.

 




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