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Un mythe très ancré

Mythe ou réalité, la frontière poreuse du Canada?... (Archives Reuters)

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Mythe ou réalité, la frontière poreuse du Canada? La réaction des Américains prouve, à n'en pas douter, que les États-Unis ne sont pas toujours à 100% satisfaits de la façon dont le Canada traite la menace terroriste.

Archives Reuters

La déclaration de la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, cette semaine, au fait que des terroristes passent régulièrement par la frontière canadienne vers les États-Unis est un mythe qui se perpétue chez nos voisins du Sud, et ce, malgré un nombre considérable d'initiatives entreprises par le gouvernement du Canada depuis septembre 2001.

Que l'on pense à la déclaration sur la frontière commune en décembre 2001 entre le Canada et les États-Unis, à la mise en place d'un cadre législatif plus strict sur le terrorisme (considéré trop strict pour certains), à l'augmentation significative des budgets des agences de renseignement, à la création d'une liste d'entités terroristes similaire à celle en place aux États-Unis et j'en passe. L'idée d'un voisin mou sur l'enjeu du terrorisme est toujours présent, tant dans la classe politique américaine que dans la population générale.

 

Cette situation prouve deux faits. De l'un, les États-Unis ne sont toujours pas à 100% satisfaits de la façon dont le Canada traite la menace terroriste et souhaite voir la mise en place d'une position encore plus dure sur le sujet. Avec les récents événements qui se produisent au Mexique, les Américains n'ont jamais été aussi sensibles quand vient le temps de parler de frontières depuis 2001. Les États-Unis s'assurent d'ailleurs d'afficher occasionnellement leur mécontentement sur le système de réfugiés implanté au Canada, jugé par plusieurs politiciens américains comme étant une potentielle menace à la sécurité du continent.

Deuxièmement, ce récent épisode démontre également que cette inquiétude était présente pendant l'administration Bush et s'est perpétuée chez la nouvelle administration démocrate du président Obama ou, du moins, chez certains membres de son cabinet. Ainsi, on se rend compte que cet état d'esprit est répandu autant chez les républicains que les démocrates, sans oublier la population qui ne manque rarement de souligner le fait que son voisin du nord prend à la légère la menace terroriste, et ce, à tort ou à raison.

La réaction de l'ambassadeur du Canada à Washington, Michael Wilson, est un pas ferme dans la bonne direction. Le Canada se doit d'une manière ou d'une autre de se détacher de ce mythe, qui continue à ternir l'image du Canada sur la scène internationale, mais surtout aux États-Unis.

Cependant, ce mythe est tellement ancré que le gouvernement du Canada devra prendre de bien plus grands moyens pour arriver à ses fins. Il est sans doute plus difficile de changer la perception au sein de la population américaine, mais une sérieuse campagne de sensibilisation se doit d'être renforcée. Le Canada s'est déjà mis à l'oeuvre par le passé à démontrer comment le pays prenait au sérieux la menace terroriste. Force est de constater qu'il y a encore un important chemin à faire quand on apprend que la chef de la sécurité intérieure aux États-Unis croit toujours que le Canada est un transit pour des terroristes qui veulent sévir chez nos voisins.

Si l'on décide de se choquer, aussi bien le faire pour de vrai et être crédible dans ses démarches.

Mathieu Roussel

L'auteur est chercheur associé à l'Interna-tional Center for Terrorism Studies, à Washington, et à la chaire de recherche du Canada en politiques étrangère et de défense canadiennes à l'Université du Québec à Montréal.

 




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